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 Maybe we can be lonely together

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Ariel

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Date d'inscription : 20/09/2011
Age : 28
Localisation : Plateau Mont-Royal

MessageSujet: Maybe we can be lonely together   Mar 25 Déc 2012 - 4:10

Spoiler:
 

Ariel pouvait entendre le son de ses pas dans les flaques d'eau boueuse qui s'étaient formées sur le trottoir à la suite des abondantes précipitations de cet après-midi. Les bruits ambiants n'atteignaient pas ses oreilles. Seule la voix de sa mère, accusatrice, résonnait dans sa tête.

«Sois réaliste, tu ne vas jamais y arriver!»
«Ce n'est pas comme ça que le vie fonctionne, Ariel!»
«Je ne te comprends pas! J'ai essayé, crois moi!»

Ariel était habitué à la froideur de sa mère. Celia était une femme sévère qui souhaitait le meilleur à ses enfants, par contre sa définition du «meilleur» était souvent plus proche de ses propres intérêts que de ceux de sa progéniture. Ayant toujours été un enfant obéissant, Ariel avait accepté sans rechigner de se soumettre à tous les règlements familiaux et faisait son possible pour bien performer dans les cours auxquels sa mère l'inscrivait. Il était habitué à ses regards déçus lorsque ses professeurs lui faisaient part de son visible manque d'intérêt, qu'il était incapable de cacher. Il était habitué aux longues périodes durant lesquelles sa mère refusait de lui adresser la parole.

Par contre, jamais auparavant elle n'avait crié sur lui de cette façon. Ce n'était pas une chose à laquelle Ariel était habitué de la part de sa mère. Les rares discussions qu'ils avaient étaient toujours courtes et polies. Son changement de ton soudain l'avait déstabilisé.

Ariel avait tenté de s'expliquer avec sa mère, mais elle n'avait rien voulu entendre. Leur mésentente avait eu lieu peu de temps avant le souper, qui s'était par conséquent déroulé dans une ambiance tendue et insoutenable. Ses parents et sa sœur avaient joué leur jeu de la petite famille parfaite malgré la dispute qui venait tout juste d'avoir lieu et ça lui tapait royalement sur les nerfs. Ariel était écœuré du climat de mensonges et des manigances qui planait chez lui, surtout lorsqu'il était clair que ses parents (et même sa sœur, parfois!) faisaient comme si de rien n'était. Plus le temps passait, plus il lui semblait clair que ses parents se foutaient complètement de lui. C'était sois ça, sois ils le prenaient pour un véritable imbécile. Les deux options ne seraient pas une surprise pour lui.

Après avoir avalé à peine trois bouchées de son repas (Ariel était dans un tel état de détresse émotionnelle qu'il ne se souvenait même plus de ce qu'il avait mangé), il était monté directement à sa chambre dans le but de reprendre ses esprits, mais il était incapable de faire le vide dans sa tête.

* * *

Ariel avait conscience qu'il pleurait. Il sentait les larmes chaudes couler le long de ses joues et il se détestait pour ça. Il avait promis à sa mère qu'il arrêterait.

«Sois fort, ne pleure pas! Seulement les perdants pleurent Ariel!»

Il lui semblait qu'il marchait depuis un bon bout de temps, mais il ne réalisa pas à quel point jusqu'à ce que ses pieds rencontrent une clôture de métal. Relevant la tête, Ariel remarqua qu'il se trouvait devant l'entrée du quartier pauvre de Parc-Extension. Il était rare qu'il se promène à cet endroit; c'était sans doute un des quartiers les plus violents de Montréal. Par contre, il y était allé assez souvent pour pouvoir retrouver son chemin s'il y entrait. Si il rentrait chez lui avant la tombée de la nuit, il ne devrait pas y avoir de problèmes. Étant plutôt indifférent aux endroits dans lequel il pouvait bien se ramasser en ce moment, Ariel décida d'entrer.

Après avoir marché une trentaine de minutes sans vraiment regarder où il allait, Ariel commençait à s'épuiser. Il nota la présence d'un parc à proximité et décida de s'installer sur une de ses structures quelconques un moment. Une vieille estrade en bois couverte de graffitis lui sembla la meilleure option. Ariel s'y laissa tomber malgré la fine couche d'eau qui s'y trouvait à cause des précipitations abondantes de ce matin. Il n'avait même pas le cœur à s'inquiéter de la propreté de ses vêtements.

Ariel laissait le vent froid lui fouetter le visage en regardant fixement ses pieds. Il remarqua que ses souliers étaient complètement ruinés. Il s'en ficha. Les mêmes mots cognaient encore dans sa tête.

«Je ne te comprends pas!»
«Seulement les perdants pleurent, Ariel!»

-Pathétique.

Ariel sursauta violemment et tourna la tête en direction de la voix. Une jeune fille semblant âgée d'à peine douze ans était assise un peu plus loin sur la structure. Il se demanda comment il avait pu ne pas la remarquer plus tôt; l'estrade sur laquelle ils étaient assis était minuscule. La fille avait de très épais cheveux noirs en bataille qui semblaient coupés n'importe comment. L'humidité ambiante les avait gonflés de façon impressionnante, de telle sorte que la place qu'ils occupaient au-dessus de sa tête semblait plus grande que sa tête elle-même. Elle avait les bras croisés et regardait à sa droite, sans jeter un seul regard à Ariel. Elle dégageait une aura agressive qui aurait mis Ariel mal à l'aise s'il n'était pas trop occupé par ses pensées déprimantes.

-Je sais. Je suis pathétique.

La jeune fille, naturellement, ne s'attendait pas à cette réponse franche de la part d'Ariel. Elle se retourna lentement vers lui, le visage toujours caché par sa grosse masse de cheveux.

-Habituellement, lorsqu'on te dis quelque chose comme ça, tu es supposé envoyer promener la personne qui t'insulte.

Ariel savait qu'il ferait mieux de rentrer chez lui avant que la conversation ne s'envenime. Cette inconnue lui était clairement hostile. De plus, avec son allure, il était clair qu'elle n'était pas une fille de bonne famille. Il ne serait même pas étonné si une bande de voyous surgissaient d'un moment à l'autre pour lui sauter dessus et lui voler son argent. Aller à Parc-Extension le soir était la pire décision qu'il ait jamais prise.

Pourtant, il décida de rester. Au point où il en était, une gang de rue pouvait bien surgir de derrière un buisson et le rouer de coups qu'il s'en ficherait. De plus, Ariel tenait à continuer sa conversation avec l'inconnue impolie. Elle lui procurait une distraction à la voix de sa mère qui ne le lâchait pas depuis l'après-midi. La méchanceté de ladite inconnue l'importait peu.

-Je ne crois pas que répondre à quelqu'un qui veut nous provoquer sur le même ton soit un bon moyen d'améliorer la qualité d'une journée déjà insupportable. Je m'excuse si tu avais l'intention de commencer une altercation verbale.

L'inconnue soupira bruyamment. Ariel pouvait presque l'entendre rouler des yeux.

-Ah. Je vois.
-En effet. Tu as des yeux. Je me demande comment tu fais pour voir derrière ce qui te sert de cheveux, par contre.

Ariel nota que les lèvres de la jeune fille, qui étaient auparavant figées dans une expression de moue irritée, se retenaient de ne pas se relever pour former un sourire. Il se félicita intérieurement d'avoir réussi à la mettre de meilleure humeur. La conversation serait peut-être plus agréable que prévue.

-No shit, Sherlock. Oui, je peux voir. Ce n'est pas ce que je voulais dire. Je voulais dire que je vois quel type de gars tu es.

Voilà qui était intéressant. L'inconnue, auparavant réticente, semblait vouloir lui parler maintenant. La curiosité d'Ariel était piquée.

-Oh? Peux-tu élaborer s'il-te-plaît?

L'adolescente effaça toute trace de tentative de sourire de son expression et reprit son air blasé, détournant à nouveau la tête pour fixer le vide.

-T'es un enfant de riche du Plateau. Tu parles avec des mots compliqués pour avoir l'air intelligent et tu te crois cultivé à cause de ça. Tu as aussi des souliers à 400 piasses juste bons à jeter mais c'est pas grave, maman va t'en acheter des nouveaux. Je vois vraiment pas ce que tu fais à Parc.

Ariel remarqua pour la première fois que la fille avait un accent latin. Il ne pouvait dire de quelle origine elle était exactement, mais si il avait un pari à prendre il dirait qu'elle était sûrement Espagnole.

-C'est presque ça. Sauf que je ne suis pas dans une assez bonne relation avec ma mère pour lui demander quoi que ce soit. Je ne lui demande jamais rien de toute façon, elle ne fait que me donner de l'argent sans faire aucun commentaire. J'aimerais qu'elle me parle plus.
-Hm.
-Oh. Et les souliers, c'est 125 dollars qu'ils ont coûté, pas 400.
-Hmm.

Finalement, la fille ne semblait pas vraiment vouloir parler. Il y eut une longue pause gênante pendant laquelle Ariel tentait vainement de relancer la conversation sans trouver de sujet digne de parole alors que la jeune hispanique semblait se demander quel était le moment propice pour s'enfuir en courant. Finalement, Ariel rompit le silence de la seule façon qui lui venait en tête pour le moment.

-Désolé, je ne me suis pas présenté. Je m'appelle Ariel.

L'adolescente continuait à ignorer Ariel. Alors qu'il la fixait dans le but de la forcer à le regarder dans les yeux pour avoir un contact visuel et briser la tension, elle se frotta les yeux avec l'endos de son bras gauche. Ariel eut le temps d'apercevoir ses yeux lors de la fraction de seconde où son bras n'était pas en contact avec eux. Ils étaient teintés d'une légère rougeur.

Il aurait du comprendre plus tôt! Il était clair pourtant que la jeune fille n'allait pas bien depuis le début de leur conversation. Elle était sûrement assise sur cette estrade en train de pleurer depuis un bon bout de temps déjà avant qu'il n'arrive. D'ailleurs, il était fort probable qu'elle était méchante avec lui dans l'espoir qu'il lui fiche la paix et s'en aille. Génial, il se sentait encore plus mal maintenant.

-Oh je suis désolé, je n'avais pas remarqué que tu pleurais, toi aussi! Tu veux en parler?

La jeune fille arrêta sec son mouvement, son bras suspendu stupidement dans les airs.

-Non.

Bien sûr qu'elle ne veut pas parler de ses problèmes au premier inconnu qui passe! Ariel se trouvait idiot d'avoir simplement songé qu'elle pourrait possiblement décider de lui débiter sa vie sans raison. Il était vraiment trop désespéré d'avoir l'occasion de parler à quelqu'un.

-Ça va de soi. Pardon.

La jeune fille frappa violemment la structure de bois avec sa main, ce qui visiblement ne fit que lui faire mal. Ariel ne comprit pas trop la raison de son éclat de colère. Peut-être souhaitait-elle évacuer ses émotions, mais il jugea la technique peut efficace puisque son seul effet semblait être de lui procurer une douleur physique.

-Tu es un gars énervant, Ariel. Énervant et étrange. Même ton nom est étrange. C'est un nom de fille, tu sais.

Et voilà, maintenant elle se mettait à lui énumérer les trois choses que les gens qui l'harcelaient à l'école lui criaient tout le temps.

-Ariel était un nom unisexe à la base, tu sauras. Il a d'ailleurs été donné par Shakespeare à l'un de ses personnages masculins dans l'une de ses pièces. Renseigne-toi avant de juger, s'il-te-plaît. Merci de ne pas avoir fait référence à la sirène, par contre. Ça fait changement.

Étrangement, la fille semblait presque regretter de l'avoir insulté maintenant, mais elle n'avait pas l'air de vouloir s'excuser pour autant. Ariel avait bien l'impression qu'elle était le genre de personne qui ne connaissait pas la phrase «je m'excuse».

-Fout-moi la paix.

Et bien, voilà qui aurait du être clair. Pourtant, Ariel n'avait pas l'impression que la jeune fille voulait qu'il s'en aille, il le voyait maintenant; son être entier criait la solitude. Ils étaient dans la même situation, tous les deux. Peut-être qu'il devrait lui expliquer la situation? S'il lui disait qu'il se sentait tout aussi seul qu'elle, l'inconnue serait peut-être plus réticente à s'ouvrir à lui. Ariel réalisa qu'il accordait beaucoup trop d'importance à une fille à qui il avait à peine adressé la parole. Il mit ce sentiment sur la faute de son isolation sociale. Après tout, son seul ami, Niko, ne parlait pas vraiment et il était encore plus déprimé que lui. Bref, rien pour lui remonter le moral.

-Tu sais… c'est toi qui m'a adressé la parole en premier. Pourquoi m'avoir adressé la parole en premier si tu ne voulais pas avoir une conversation?

Alors qu'il croyait avoir réussi à obtenir son attention à nouveau, la jeune hispanique serra les poings et se leva brusquement.

-Hum. Je dois y aller.
-Non, attends! Je sais que tu te sens seule! Je me sens seul moi aussi! Peut-être… peut-être qu'on pourrait se sentir seuls ensemble! Ça serait…

Trop tard, l'inconnue était partie en flèche dans la direction opposée à celle d'où Ariel venait. Il termina la fin de sa phrase en vain.

-…déjà une amélioration.

Ariel se prit la tête entre les mains. Il ne comprenait pas pourquoi il avait toujours espoir qu'un jour quelqu'un s'intéresserait à lui pour autre chose que se moquer de lui. Il était trop évident que si sa propre famille n'était pas capable de l'aimer, personne ne le pourrait. Même Niko ne semblait pas vraiment le considérer comme un ami, parfois.

Ariel allait retourner chez lui déprimé lorsqu'il remarqua un bout de papier plié à l'endroit où la jeune hispanique était assise un peu plus tôt. Curieux, il s'en empara et observa ce qui y était inscrit.

«Je vais à cette place-là chialer sur ma vie comme une conne tous les soirs de semaine et parfois la fin de semaine. Des fois je suis avec des amis la fin de semaine par contre et ont fait des trucs au lieu de chialer. Alors viens juste la semaine si tu veux me parler.»

Le papier n'était pas signé. Vu le manque d'enthousiasme de l'inconnue lorsqu'il lui avait dit son nom, c'était à prévoir. Mais Ariel s'en fichait. Tout comme il se fichait toujours que ses souliers soient bons à jeter à la poubelle.

Lundi prochain, il reviendrait.

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Ariel

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MessageSujet: Re: Maybe we can be lonely together   Mar 1 Jan 2013 - 0:06

Spoiler:
 

Ariel pianotait sur son clavier d'ordinateur. Il était en grande conversation sur Skype avec l'une de ses rares amies, Faëlle Rosama.

Faëlle était une amie d'enfance qu'il connaissait depuis toujours; leurs mères respectives s'étaient rencontrées à l'université et étaient de très grandes amies. Conséquemment, Ariel et Faëlle avaient passé beaucoup de temps ensemble dans leur jeunesse. Ariel était convaincu que c'était la seule raison pour laquelle ils s'étaient liés d'amitié: Faëlle était la fille la plus gentille qu'il ait jamais rencontré et Ariel ne voyait pas pourquoi une personne comme elle se serait donné la peine d'essayer de le comprendre alors qu'elle n'avait aucun problème à parler à n'importe qui d'autre si elle le voulait.

Évidemment, puisque sa vie n'était qu'une suite de calamités, les parents de Faëlle avaient décidé qu'ils déménageraient en France alors qu'Ariel débutait le secondaire. Il la voyait tout de même à chaque été puisque sa mère désirait garder contact avec Marianne, la mère de Faëlle, mais ce n'était plus pareil; il la voyait beaucoup moins souvent.

Parfois Ariel se demandait pourquoi c'était lui qui était devenu un ami proche de Faëlle et non sa sœur. Après tout, Nina avait seulement un an de moins qu'elle alors que lui en avait deux de plus. Peut-être était-ce parce que sa sœur passait la majorité des rencontres entre leurs familles respectives à impressionner les adultes en fanfaronnant devant eux pendant que Faëlle et lui discutaient à l'écart.

Un «Blip!» provenant de son ordinateur le sortit de ses pensées et Ariel reporta son attention à la conversation qu'il avait avec son amie.

Fay :-D - Mais pourquoi t'avoir dit de ne pas venir la fin de semaine? Sad

Ariel - Je ne crois pas qu'elle veuille se compliquer la vie. Je ne lui ai parlé qu'une fois, après tout.

Fay :-D - Tu m'as dit que c'était clair qu'elle avait remarqué que tu te sentais seul et que tu lui avais dit, en plus! Elle ne s'est pas dit que tu aimerais peut-être rencontrer ses amis aussi? D:

Ariel - Faëlle. Je ne crois pas que ses amis soient… comment te le dire…

Fay :-D - Fréquentables? Mais nooon, tu t'en fais pour rien! Ils sont sûrement super sympas! Regarde, la fille en question avait l'air méchante au premier abord, non? Finalement c'était juste une apparence trompeuse! Je suis sûre qu'ils t'aimeraient bien, tu es une bonne personne! Razz

C'était bien Faëlle, ça. Beaucoup trop naïve et optimiste. C'était déjà un miracle que quelqu'un lui accordait assez d'importance pour lui demander subtilement de le revoir après avoir échangé à peine deux phrases avec lui, il n'allait pas s'offusquer de ne pas s'être fait offrir un certificat officiel d'amitié pour la vie non plus. Son amie n'avait pas l'air de saisir l'essentiel, il allait devoir lui expliquer.

Ariel - Faëlle. Écoutes… le problème n'est pas la personnalité potentiellement délinquante de ses amis. Le problème semble être la relation qu'elle a avec eux.

Fay :-D - Oh? Qu'est-ce que tu veux dire? o_o

Ariel - Je ne crois pas qu'elle soit heureuse avec eux. Je veux dire. Elle se sent à l'écart lorsqu'elle est avec eux, peut-être?

Fay :-D - Pourquoi tu dis ça? Tu ne les as jamais rencontrés et elle ne t'a jamais parlé d'eux. :/

Ariel - Tu aurais dû la voir, elle avait l'air tellement perdue, assise sur sa vieille estrade de bois… Si ses amis étaient vraiment là pour elle, elle ne se sentirait pas seule.

Fay :-D - Oh Ariel! Pas tout le monde est un ami exceptionnel qui resterait debout toute la nuit pour parler de problèmes personnels comme toi tu sais! J'avoue trouver ta loyauté un peu trop intense parfois, mais on t'aime comme ça! <3 Ne fait pas de conclusion trop hâtive sur ses amis!

Ariel - Oh. Tu as peut-être raison. Mais ça nous ramène à la question de départ. Pourquoi avoir mentionné ses amis sur le papier si elle ne veut pas que je les rencontre?

Fay :-D - Mon Dieu Ariel, arrête de tout analyser! (Je blague, n'arrête pas, je trouve ça mignon! <3) Peut-être qu'elle a mentionné ses amis puisqu'elle compte te les présenter éventuellement! T'avais pas pensé à ça, hein, Sherlock? Wink

Ariel - Sherlock?

Fay :-D - Oui, Sherlock, parce que tu analyses tout! ^^

Ariel - Oh d'accord. Je trouve ça intéressant, la fille dont je te parle depuis tantôt m'a appelé Sherlock, aussi. Enfin. Pas exactement, elle m'a dit «No shit, Sherlock» mais bon… Je ne suis pas un si bon analyste que ça, par contre. Niko est meilleur.

Oh non. Il n'aurait jamais dû mentionner Niko. Faëlle n'aimait pas beaucoup Niko. C'était assez exceptionnel lorsqu'on savait que cette fille-là aimait tout le monde. En fait, Faëlle trouvait que Niko avait un impact négatif sur la vie d'Ariel. Elle lui répétait sans cesse dans leurs sessions de clavardage qu'il ruinait son estime de lui-même. Ariel savait que c'était probablement le cas, mais non seulement Niko était-il son seul ami à l'école, mais il était également très attaché à lui. C'était un garçon très silencieux et bizarre qui était souvent dans son coin. Initialement, Ariel lui parlait uniquement parce qu'ils se ramassaient tout le temps ensemble lorsqu'ils devaient se placer en équipe de deux pour faire des laboratoires de sciences, mais une sorte de relation de solidarité avait fini par se tisser entre eux. Ariel et Niko partageaient beaucoup d'opinions similaires sur le monde et Ariel avait l'impression que personne ne le comprenait mieux que lui.

Fay :-D - «Blabla Niko a fait telle chose de tellement intelligent aujourd'hui! Il est tellement intelligent et je suis tellement stupide en comparaison!»

Ariel - Faëlle… Je n'ai jamais dit ça. Trouve quelque chose d'autre si tu veux critiquer Niko.

Fay :-D - «Ariel laisse-moi faire l'expérimentation tout seul! Je suis tellement plus brillant de toute façon, fais juste écrire ce que je te dis d'écrire sur la feuille de rapport de recherche, ok?»

Ariel - Faëlle, il disait ça pour rire. De toute façon c'est vrai, il est meilleur en sciences. J'ai une plus belle calligraphie alors je me charge de l'écriture.

Fay :-D - Oh NON. S'il-te-plaît, arrête de lui chercher des excuses! D: Je sais que c'est ton meilleur ami, mais arrête de le laisser te manipuler! Il te dit toujours quoi faire! Dis-lui non de temps en temps… :S

Ariel - Il n'est pas mon meilleur ami. Il est mon seul ami. Il m'apprécie, je trouve ça suffisant. Tu es mon amie aussi mais tu habites en France et je ne te vois jamais, alors ça ne compte pas.

Fay :-D - Je m'excuse Ari, je sais que tu n'aimes pas ça quand je suis méchante en parlant de Niko! D: Mais tu aimes l'honnêteté alors j'essaie de te dire ce que je penses. Razz

Ariel - Je sais Faëlle. Tu es vraiment une personne extraordinaire.

Fay :-D - Pas autant que toi! ^^ Bon je dois y aller maintenant, il est presque une heure du matin par ici, amuse-toi bien avec ta nouvelle amie!!!

Ariel - Elle n'est pas mon amie, je ne lui ai parlé qu'une seule fois Faëlle!

Fay :-D - Chao! <3 <3 <3

- Fay :-D - s'est déconnectée.

Ariel soupira. Il adorait Faëlle, c'était injuste qu'il ne puisse la voir que deux semaines par année.

La fille de l'autre jour lui avait dit qu'elle était sur son vieux bout de bois «tous les soirs». Il était dix-huit heures quarante-cinq. Il ne savait pas quelle était sa définition de «soir», mais il pouvait se permettre d'attendre encore quinze minutes avant de s'en aller de chez lui.

Il devait se l'avouer, la perspective de rencontrer à nouveau cette fille dont il ne connaissait même pas le nom l'angoissait. Il n'était pas dans son état normal la dernière fois qu'il lui avait parlé et il se demandait si elle n'avait pas simplement proposé de le revoir parce qu'il faisait pitié. Pire encore, si ça se trouvait, elle se fichait de lui et avait écrit ça dans le but de l'attirer là-bas pendant qu'elle attendait avec ses amis, cachée quelque part dans le noir. Une fois qu'il serait assez près d'eux, ils allaient lui sauter dessus et lui piquer tous ses biens de valeur. Ça lui était déjà arrivé à l'école secondaire qu'il fréquentait. Disons qu'il était une victime facile. Peut-être ferait-il mieux de ne pas aller au point de rencontre, finalement…

Ariel se passa les mains sur le visage. Il devait arrêter de penser que tous les êtres humains étaient cruels et méchants. Cette fille ne lui avait rien fait, vraiment. Elle avait murmuré quelques paroles teintées d'agressivité, mais il était évident que c'était uniquement un mécanisme de défense de sa part. Et pourtant, voilà qu'il était en train de possiblement ruiner toute tentative d'amitié qui pourrait résulter de leur rencontre en s'emplissant la tête d'idées dramatiques et paranoïaques.

Ariel décida de faire jouer de la musique Jazz pour relaxer un peu avant de partir. Il inséra son album préféré, celui qu'il écoutait tout le temps avant de passer un examen stressant, dans le lecteur CD. Inconsciemment, il s'empara de la première feuille blanche située sur le dessus de la pile à côté de l'imprimante et se mit à dessiner dessus avec un crayon mine. Pendant que sa main gauche était occupée à gribouiller, il continua de parcourir le net avec la droite. Parler à Faëlle lui avait fait du bien, mais il aurait également voulu échanger quelques mots avec la personne de son entourage qui ressemblait le plus à un meilleur ami avant de s'en aller.

Il eut un air de dégoût en ouvrant Facebook, un site Internet rempli de gens méprisants qui postaient uniquement des statuts inutiles dans 90% des cas. Il n'acceptait pas beaucoup de gens dans ses «amis», mais sa sœur aimait commenter et «aimer» les statuts de tout le monde, ce qui faisait en sorte que sa page d'accueil était tout le temps pleine de nouvelles insignifiantes. Il chercha furtivement le nom de Niko dans la liste des gens connecté et remarqua qu'il n'était pas en ligne. Ariel ne se découragea pas pour autant; son ami était souvent en ligne même s'il n'apparaissait pas connecté.

-Niko, es-tu là? Je ne veux surtout pas te déranger, mais j'aimerais avoir un conseil. Que faire lorsque quelqu'un nous parle un peu et qu'on a l'impression que cette personne veut être notre amie? Je sais que tu n'es pas le mieux placé pour répondre à ça parce que tu n'as pas vraiment beaucoup d'amis (désolé…), mais tu semble quand même bien comprendre les comportements humains alors si tu as une idée…

Ariel relit le message qu'il venait d'envoyer à son ami et remarqua qu'il donnait l'impression d'être un enfant de cinq ans. Il roula les yeux. Quand est-ce qu'il ne donnait pas l'impression d'être un enfant de cinq ans? Si ça se trouvait, il en connaissait autant qu'un bambin sur les rapports humains. Voyant au bout de cinq minutes que Niko ne répondait pas (il n'était peut-être vraiment pas en ligne, après tout), Ariel décida d'ajouter un autre message pour expliquer un peu plus en détails.

-Je sais, mon dernier message semble bizarre. Je vais t'expliquer la situation. L'autre jour, je suis sorti de chez moi et j'ai marché jusqu'à Parc-Extension. Ne me demande pas comment je me suis ramassé là, je préfère ne pas y repenser. En bref, j'ai rencontré une fille. Elle ne m'a pas dit son nom alors tu ne vas pas pouvoir la chercher sur google et pirater ses dossiers personnels pour te renseigner sur son vécu comme tu l'avais fait avec moi la première fois que tu m'as parlé. Je sais que tu en mourrais d'envie, désolé! Elle avait l'air d'avoir douze ans, à peu près. Je sais que c'est jeune, mais au moins elle avait l'air de vouloir me parler! En tout cas, je crois… De toute façon, tu as seulement treize ans et on s'entend bien, je ne vois pas pourquoi ce serait un problème. Quoique c'est sûrement parce que tu es plus avancé mentalement qu'une personne moyenne de treize ans et que tu as sauté deux années scolaires ou quelque chose de similaire…

Une fois qu'il eut appuyé sur «entrée», Ariel se relut et réalisa qu'il ne comprenait toujours pas où il voulait en venir avec son deuxième message. Il soupira et se résigna à avoir l'air désespéré avant d'envoyer à Niko un troisième et dernier message. Son ami allait probablement lui avoir répondu lorsqu'il rentrerait chez lui.

-Je veux vraiment être capable d'avoir des amis comme n'importe quelle personne normale, Niko…

La musique de son CD s'arrêta soudainement. Ariel l'écoutait sur iTunes et il avait coché uniquement certaines chansons de l'album pour que le nombre de morceaux qui jouaient totalise un peu moins de 15 minutes et qu'il puisse partir de chez lui à la bonne heure. Il ferma l'ordinateur et se dirigea vers la sortie. Il croisa sa mère dans le salon, en train de lire un article médical pour son travail.

-À plus tard, maman. Je te promets que je vais être de retour vers neuf heures trente.

Ariel n'attendit pas la réponse de sa mère; il savait qu'il n'y en aurait pas. Il avait beau n'avoir que quinze ans, elle ne semblait pas se préoccuper de ses vas-et-viens. Il aurait pu lui dire qu'il s'en allait à une fête louche et reviendrait vers trois heures du matin alors qu'il avait de l'école le lendemain que sa mère aurait agit de la même façon. Il replaça une dernière fois ses cheveux dans le miroir du hall d'entrée avant de finalement s'en aller de chez lui.
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