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 Fuck You Very Very Much

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AuteurMessage
Lydia
Dévergondée mélancolique
Lydia

Messages : 37
Date d'inscription : 31/03/2011
Age : 29
Localisation : Studio Focus

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MessageSujet: Fuck You Very Very Much   Fuck You Very Very Much Icon_minitimeVen 14 Déc 2012 - 23:18

Un imbécile. Un imbécile doublé d’un arrogant... d’un égocentrique, d’un narcissique, d’un retardé moral, d’un scélérat, d’un goujat, d’un salopard, d’un égoïste, d’un bâtard.

D’un infidèle.


***

La journée était longue, pénible, dure, exténuante. Une Lydia cernée se tenait derrière le comptoir immaculé du restaurant. Elle comptait ses pourboires avec un air blasé, son quart de travail étant presque terminé. L’heure de pointe du restaurant était terminée depuis longtemps et il ne restait qu’Ariel qui nettoyait les tables en s’applicant à ne pas glisser sur quelconque déchet avec ses patins à roues allignées, accident relativement fréquent dans ce lieu de travail, et un cuisinier dont elle ignorait toujours le prénom. Elle finit de compter ses pourboires, les refit tomber dans son tablier et alla chercher son manteau dans la salle des employés.

― J’ai besoin d’une cloppe, gromela-t-elle à l’attention du cuisinier qui la suivait des yeux.

Aucune réponse ne se fit entendre de celui-ci, qui ne fit que la fixer de ses grands yeux ébahis.

Elle alla donc à l’extérieur, frissonnant lorsque le vent froid d’automne s’attaqua à ses jambes bien peu protégées par sa jupe, et s'alluma une cigarette, mauvaise habitude qu'elle avait reprise tout récemment, suite à la rupture avec son ex. Elle inspira profondément dans sa cigarette, voulant en finir rapidement. Elle finit par jeter le mégot par terre, soufflant une dernière fois la fumée vers le ciel peu étoilé de la ville.

Il ne lui restait qu’à compter la caisse et elle pouvait enfin rentrer chez elle, se coucher sur son lit quasi-douillet et roupiller jusqu’à midi. Sa caisse qui balançait au sous près, ce qui faisait sa fierté à chaque fois, lui permit de partir très rapidement, prenant le bus qui arrivait justement à l’arrêt.

Son appartement était surprenamment d’une taille raisonnable, grâce à l’argent bonus des courses de moto. Elle entra donc, se dirigea vers la seule pièce fermée de l’appartement qu’était sa chambre, échangea ses vêtements de travail pour un pyjama léger et s'arrêta devant son miroir encore couvert de photos d'eux. Ils avaient pourtant l'air heureux, amoureux. Comment a-t-il pu faire ça?

Les souvenirs de leur rupture étaient encore clairs dans la tête de Lydia. Elle revenait du travail et avait décidé de cuisiner le repas pour Adam spontanément. C’est lorsqu’elle vit une paire de souliers inconnus dans l’appartement de son copain qu’elle commença à se poser des questions. Puis en ouvrant la porte de la chambre à coucher, elle en eut le coeur net. Incrédule, elle ne sut pas quoi faire devant les amants surpris, son copain lui disant le cliché de “J’peux tout t’expliquer”. Elle secoua la tête et partit de là rapidement, prenant tout de même le soin d’égratigner la peinture du 4x4 d’Adam avec sa clé. Elle enfila son casque de moto et fila à toute vitesse jusque chez elle, où elle fondit enfin en larme devant un Kyle décontenancé.

Ce même Kyle à qui elle n’avait pas même montré le bout de son nez pendant deux jours, enfermée dans sa chambre, ne se sentant pas prête à affronter qui que ce soit. Le même aussi à qui elle avait finit par ouvrir la porte, qu’elle avait regardé d’un regard dur avant de l’attirer dans sa chambre, plus précisément sur son lit. Elle se laissa même aller à sourire cette soirée-là. C’était la dernière fois qu’ils avaient couché ensemble, non pas que ce fut désagréable au contraire, il ne semblait pas y avoir d’autre moment opportun, tout simplement.

Cela les avait rapproché, peu surprennament. Encore plus que lorsqu’elle avait décidé de l’héberger. Elle le considérait maintenant comme un de ses rares amis. Ce qui est d’ailleurs une expression que jamais elle n’aurait cru utiliser il y a quelques années. “Rares amis”.

Elle soupira, arracha les photos d’Adam et elle des coins de son miroir, les déchira et les jeta. Elle voulait toute trace de lui hors de sa vie. Elle retira même la chaîne en or qu’il lui avait offerte, pensant à la revendre à un bijoutier pour une entrée d’argent quelconque. Soulagée, elle quitta sa chambre, pris deux bières et rejoint Kyle devant la télévision.

― Salut Kyle, fit-elle en lui tendant une des bières et en se laissant tomber près de son nouveau “colocataire” devant la télé. T’as pas idée comment c’était chiant comme journée, les gens sont bêtes avec l’arrivée de l’hiver et y’a une p’tite vieille qui m’a pas tipé et qui arrêtait pas de fixer mon piercing de nez comme si le diable allait en sortir. J’te jure les gens me font chier ces temps-ci. Toi, comment s’est déroulée ta journée?
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Kyle

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MessageSujet: Re: Fuck You Very Very Much   Fuck You Very Very Much Icon_minitimeMar 25 Déc 2012 - 22:33

La télévision diffusait depuis trois heures de l'après-midi des reprises d'un stupide sitcom américain dont Kyle n'avait toujours pas capté le nom. Littéralement écrasé au fond du canapé de Lydia, il regardait les images défiler sans trop y porter attention. Il avait l'esprit dans le vague, à moitié entre sommeil et conscience, et bénissait quelque part en arrière-pensée les coussins moelleux qui le changeaient si agréablement de ce truc plein de ressorts sur lequel il dormait avant d'emménager chez sa collègue de travail.
Il s'était prêté au jeu du végétal toute la journée, depuis le moment où il avait ouvert les yeux, constaté qu'il approchait midi et s'était rendormi pour une bonne heure encore. Un évènement rarissime en soi. D'ordinaire, Kyle ne supportait pas d'être inactif aussi longtemps. Il ressentait sans cesse une énergie électrifiante qui circulait dans ses veines, sous sa peau, probablement en partie due au conditionnement de la vie dans la rue. Somme toute, Kyle avait rarement eu l'esprit aussi tranquille que par les temps qui couraient.

(Il lui restait toujours cette impression de précarité qui le collait au fond de son crâne, la sensation qu'il devait constamment regarder derrière, s'assurer que les fissures de son existence ne bâillaient pas trop non plus.)

L'appartement de Lydia n'était pas vraiment son chez soi, pas encore du moins, mais plus Kyle y passait du temps et plus il se disait qu'il pourrait se faire à l'idée de vivre réellement dans un endroit pareil. Puis, lui qui ne possédait pratiquement rien, commençait lentement à accumuler des bidules: d'abord des vêtements, puis quelques films et maintenant, un nouveau micro-onde qu'il avait acheté pour remplacer celui qu'il avait malencontreusement brisé la semaine précédente. L'expérience avait été particulière d'ailleurs. Kyle ne se souvenait pas être une seule fois entré dans un magasin à grande surface dans le but d'y acheter quelque chose, encore moins un appareil électroménager. L'instant précis où il avait sorti sa carte de débit pour payer le micro-onde s'était imprimé dans son esprit comme une image en haute résolution. Jamais encore n'avait-il posé un acte aussi banal, aussi domestique. Jamais n'en avait-il eu la capacité, les moyens pour le faire. Kyle n'avait pas saisi toute la signification de cette violente pensée qui l'avait traversé à ce moment, mais il s'en était retrouvé si chamboulé qu'il avait failli jeter le micro-onde dans une benne à ordure sitôt sorti dehors.

L'appareil avait malgré tout survécu et trônait sur le comptoir de la cuisine. Kyle le fixait distraitement lorsque le bruit de la porte d'entrée se fit aller, signalant l'arrivée de Lydia et de ses talons hauts dans l'appartement. Elle passa en un coup de vent devant Kyle, peut-être sans le remarquer, et alla s'enfermer dans sa chambre. Lydia n'était pas au meilleur de sa forme par les temps qui courraient, pas depuis sa rupture avec l'autre type, Adam. Kyle ne l'avait jamais vraiment rencontré, seulement aperçu quelques fois alors qu'il passait au restaurant ou à l'appartement. Évidemment, avec ce qu'il savait de ce Adam en question, Kyle ne l'aimait pas beaucoup, pour dire ainsi la chose. Il n'osait pas trop aborder le sujet avec Lydia par contre, car il avait dans l'idée que ce n'était pas de son ressort sous bien des points de vue.

La nuit qu'ils avaient passée présentait un souvenir impeccable, mais elle ne restait rien d'autre qu'un échappatoire pour Lydia et un peu de bon temps pour eux deux. En ce qui concernait Adam en soi, Kyle n'allait pas être celui à franchir l'étrange statut quo dans lequel ils s'étaient figés. Si Lydia avait envie de faire ou dire quelque chose à ce sujet, elle le ferait d'elle-même.

Lorsque son amie se ramena dans le salon quelques minutes plus tard, deux bières en main, Kyle accepta la sienne avec un bref sourire. La bouteille était glacée et humide, aussi il frotta la vitre de ses paumes, jonglant presque avec, et laissa la voix de Lydia couvrir les bruits inintéressants de la télévision.

― T’as pas idée comment c’était chiant comme journée, les gens sont bêtes avec l’arrivée de l’hiver et y’a une p’tite vieille qui m’a pas tipé et qui arrêtait pas de fixer mon piercing de nez comme si le diable allait en sortir. J’te jure les gens me font chier ces temps-ci. Toi, comment s’est déroulée ta journée?

Kyle prit un air à mi-chemin entre la grimace et le sourire. Les clients chiants, il connaissait, comme tout le monde, mais ceux qui ne pouvaient s'empêcher de le fixer comme un échappé du zoo ne lui faisaient pas défaut non plus. À croire que les gens n'avaient pour la plupart jamais vu d'yeux au beurre noir. (Raison pour laquelle Kyle tentait maintenant de camoufler ses blessures avec du fond de teint: il avait même sa propre bouteille dans la salle de bain de Lydia. Le speech que sa boss lui avait fait à ce sujet avait quelque peu influencé son changement d'attitude, il fallait le dire.)

-J'te comprends. L'hiver, c'est moche et les gens qui viennent avec aussi. Mais moi... j'en ai profité, j'avoue, ajouta-t-il avec un sourire un peu plus grand que ce qu'il présentait normalement. Ça fait un bout que j'avais pas eu de congé, alors j'ai fait c'que j'fais carrément jamais: rien.

Kyle s'étira, glissant les pieds sous la table basse et élevant ses bras au-dessus de sa tête. La cuisse de Lydia était collée contre la sienne, chaude au travers de son mince pyjama. Avoir été un chat, il aurait ronronné. Il se redressa et lâcha avec un coin de sa bouche relevé:

-C'est clair que là, j'ai juste le goût de faire de quoi de mon corps.
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