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 Sometimes you can't make it on your own (suite)

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Emy
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MessageSujet: Sometimes you can't make it on your own (suite)   Jeu 27 Sep 2012 - 22:25

J'esquissai un sourire lorsque je constata qu'il acceptait de mon montrer son chez lui. Il avait vingt ans, il devait bien habiter seul dans ce cas. Je fus cependant surprise de constater que le building dans lequel il m'emmenait semblait très louche. Il était délabré par endroits et l'extérieur avait l'air insalubre. En me faisant entrer par contre, le seul défaut de la place était les papiers peints qui avaient été arrachés. Le building avait l'air en bon état malgré son apparence douteuse. Je n'aimais pas particulièrement l'idée de me retrouver dans ce genre d'endroit. Ça me foutait les jetons. Je ne me serais jamais attendu au fait qu'il puisse habiter dans un tel lieu. Je comprenais maintenant pourquoi il avait hésité à m'emmener chez lui. Dans le couloir, les bruits voisins étaient tout aussi louches que l'aspect du bâtiment. Je restais surprise et embêtée par ce fait.

-Désolé pour le bruit, elle… profite de la vie, marmonna Bones en évitant de croiser mon regard.

Il avait l'air habitué de l'entendre. Il devait endurer ça tout le temps? Je crois qu'à sa place, j'aurais déposé une plainte ou aurait fait irruption chez elle pour lui dire de faire moins de bruit. Il finit ensuite par ouvrir la porte de son appartement. C'était vraiment sale. Bones s'excusa et se mit à ramasser plusieurs morceaux de vêtements et de la vaisselle. J'aurais bien voulu l'aider mais je me sentais un peu mal à l'aise. Mon regard s'assombrit un peu. Je n'avais aucun doute qu'il était quelqu'un de bien mais cet endroit me donnait la chair de poule. Heureusement que c'était lui. N'importe qui d'autre m'aurait emmené dans ce genre d'endroit et j'aurais trouvé une excuse pour partir rapidement. Après s'être agité dans tous les sens pendant un instant pour ramasser, il revint me voir, épuisé et gêné.

-Euhm, j’ai pas encore de télévision, j’ai vendu l’ancienne pour, euhm, me dépanner un peu alors, euh… souffla-t-il, de plus en plus honteux. J’ai… J’ai de la musique, si tu veux. De vieux vinyles et etc…

Des vieux vinyles? J'ai cru cligner des yeux plus d'une fois avant de lui répondre?

-Vraiment!? Tu as un tourne disque et tout? C'est là-dessus que le son ressort le mieux!

J'avais toujours voulu avoir des vieux vinyles. On commençait à en remettre sur le marché mais l'investissement était considérable. Je préférais dépenser pour des jeux vidéos. Bref, il était plein de surprise ce Bones. Un peu embêtée par contre, je me mordit la lèvre inférieure et je rougis un peu.

-Mais...tu sais, lui dis-je en baissant mes yeux vers le sol, je ne m'attendais pas à ça. Je me sens un peu mal pour toi de ne pas avoir compris avant. Si tu as besoin d'aide pour payer quelque chose ou... enfin, je ne suis pas loin tu sais. Surtout que, si tu as faim, n'hésite pas à demander.

Je me sentais mal de lui rappeler son état financier de la sorte, mais je voulais lui dire qu'il pouvait venir me voir si le besoin était. Ça m'attristait de savoir que quelqu'un d'aussi gentil n'avait pas ce qu'il méritait. À un certain moment, les cris de joie de sa voisine commençaient à m'énerver. Je fronçais les sourcils et donnai un grand coup dans le mur sans rien dire. La jeune femme s'arrêta. Elle était peut-être surprise. Bones ne lui avait jamais demandé de se la fermer?

-Herm. Désolée.... on les écoute ces vinyles?


Dernière édition par Emy le Mer 21 Nov 2012 - 20:15, édité 2 fois
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Bones
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MessageSujet: Re: Sometimes you can't make it on your own (suite)   Jeu 27 Sep 2012 - 22:42

Bones s’efforça de rester impassible à l’offre d’Emy. Certes, ça le touchait beaucoup, mais il avait également énormément honte. Il détestait exposer ses problèmes aux autres et voilà qu’Emy se trouvait au beau milieu de sa vie chaotique. Il ne comprenait pas trop pourquoi elle lui offrait de l’aide après ce qu’elle avait dit tout à l’heure…

«Je sais que je me contredis tout le temps. […]Pourtant c'est toi qui me fais me sentir bizarre, tu devrais en être flatté.»
Bones esquissa un faible sourire. Sa présence perturbait Emy, pas de doute. Il devait avouer qu’il n’était pas indifférent à la compagnie d’Emy. Malgré les temps durs qu’il traversait, il se sentait un peu mieux avec elle. Comme s’il pouvait s’accorder une pause et profiter de la vie. Pas dans le même sens que sa voisine.

Celle-ci semblait justement au top de sa performance. Bones rougit, pratiquement gêné pour Kelly. Il était habitué de l’entendre, ils avaient même déjà partagé le même lit, mais il n’était pas particulièrement à l’aise à ce qu’Emy entende tout ça.

Soudainement, Emy donna un grand coup dans le mur sans rien dire. Le cœur du jeune homme manqua un battement. Il avait eu peur qu’elle transperce la cloison si fine. Kelly cessa aussitôt de crier. Elle avait dû avoir une de ces peurs. Jamais Bones n’avait fait une chose pareille. Il allait devoir lui expliquer le lendemain.

-Herm. Désolée... on les écoute ces vinyles?

Bones eut un rire.

-Oui, bien sûr, acquiesça-t-il.

Il s’avança vers un vieux coffre. C’était probablement la seule chose qui n’était pas couverte d’objet. Bones le gardait toujours bien dégagé pour pouvoir écouter sa musique en tout temps. Sur le dessus du coffre se trouvait son tourne-disque. Une antiquité qui fonctionnait toujours à merveille. Pas étonnant avec toutes les précautions que Bones prenait en l’utilisant. Il le déposa sur le matelas, au sol, et ouvrit le coffre. Il avait au-dessus de deux vinyles. Il était autant fier de sa collection qu’Emy l’était avec la sienne.

-Voilà, dit-il simplement. Qu’est-ce que tu aimes? Tu connais The Who?

Il sortit la pochette de Who Are You.

-J’ai à peu près de tout là-dedans, assura Bones. Vas-y, fouille, tu trouveras sûrement quelque chose qui te plaira.

Bones lui adressa un sourire. Il était dans son élément, il ne pouvait pas être plus content. Et dire qu’il avait eu un début de journée si atroce… En observant sa collection d’un air vague, une pensée horrible traversa Bones. Et si on cambriolait son appartement? Et si on emportait sa table-tournante… et le coffre? Rien que d’y penser, le pouls de Bones s’affola.

Bones s’éclaircit maladroitement la gorge pour la énième fois.

-Je t’offre du café? proposa-t-il, piteux.

Il devait bien lui rester de quoi faire deux tasses. Deux petites tasses.
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Emy
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MessageSujet: Re: Sometimes you can't make it on your own (suite)   Mar 23 Oct 2012 - 23:28

Son coffre était la seule chose qui ne reposait pas sous des tonnes de poussière. Il semblait être du genre à faire attention aux choses qui lui tenaient à coeur tout de même. Soit ça soit il s'en servait trop souvent pour que la poussière ne puisse même avoir le temps de s'accumuler sur le dessus. Les deux options me semblaient légitimes.

-Voilà, dit Bones. Qu’est-ce que tu aimes? Tu connais The Who?

Je lui adressai un petit sourire alors qu'il m'invita à fouiller dans sa boîtes de vinyles.

-Oui, un peu, lui dis-je en regardant méticuleusement chacune des pochettes.

Il en possédait de toutes sortes. Certains CD étaient de groupes très connus et d'autres un peu plus désuets, mais tous semblaient intéressant. Je fouillai un peu mécaniquement mais préférait lui laisser le choix de la musique. Oui, j'étais une fan des vieux vinyles, mais ce n'est pas comme si mes connaissances étaient parfaites à ce sujet. À vrai dire, j'allais souvent chez mes grand-parents étant petite, et c'est eux qui m'avaient fait découvrir cette magnifique machine. Or, les seules chansons que j'avais entendu sur le tourne-disque étaient des vieux trucs des années 50 ou du classique. Non pas que ça me déplaise, au contraire. J'avais découvert des tas d'artistes via mes grand-parents. Seulement, les chansons un tantinet plus récentes étaient tout de même agréables à entendre sur un tourne-disque.

-Je t’offre du café? proposa finalement Bones.

-Oh, non merci! Pour l'instant j'aimerais juste écouter de la musique en ne pensant à rien!

Sur ce, je ne ne me fis pas prier pour me sentir à l'aise. Je m'étendis nonchalamment sur le matelas et fermai les yeux, les deux bras derrière la tête en guise d'oreiller. Il m'arrivait parfois de jeter des coups d'oeil indiscrets en direction de Bones. Le tourne-disque nous séparant, ce n'était pas aussi gênant que la situation aurait pût l'être si nous avions été plus près l'un de l'autre. Cependant, une partie de moi semblait déçue de ce fait. Me laissant porter par les notes et les petits grincements inoffensifs du tourne-disque, je me sentis détendue et suffisamment bien (semble-t-il) pour que je l'avoue à voix haute.

-Je me sens si bien en ce moment...

Qui l'aurait cru? Se sentir bien dans un tel endroit si crasseux et pas chaleureux du tout. Il devait y avoir un certain rapport avec la compagnie du moment, certes. Je le haïssais un peu en fait, ce Bones. Pas même moyen de ce concentrer sur la musique sans qu'il me vienne à l'esprit. J'espérais que ça ne durerait pas.

Spoiler:
 


Dernière édition par Emy le Mer 21 Nov 2012 - 20:18, édité 2 fois
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Bones
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MessageSujet: Re: Sometimes you can't make it on your own (suite)   Ven 26 Oct 2012 - 21:48

Plongé dans de grandes réflexions en écoutant la musique, Bones retint un sursaut lorsqu’Emy prit la parole.

-Je me sens si bien en ce moment…

Flatté, Bones retint un sourire. Il ne pensait pas qu’elle réussirait à être à son aise chez lui… et avec lui. Leur relation l’étonnait et le fascinait à la fois. Il était conscient qu’avec Emy, il ne s’agissait pas que d’une connaissance banale, mais plutôt d’une sorte de sœur perdue, puis retrouvée. Après ce qu’elle venait d’avouer, il aurait aimé répliquer de même, lui dire qu’il se sentait bien aussi avec elle, mais à chaque fois qu’il voulait ouvrir la bouche, l’évènement du matin lui rappelait de garder le silence.

-Cool.

Cool! C’est tout ce qu’il avait trouvé à dire?! Mais quelle réponse merdique. Sans trop savoir quoi ajouter, Bones s’étendit lentement à son tour. La situation était bizarre. Il ne savait pas ce qu’il devait faire… Une fille gentille, plutôt mignonne, étendue sur son lit, les yeux fermés. Ça n’arrivait pas particulièrement souvent. Bones écouta un peu la musique, mais il était trop déconcentré par la présence d’Emy pour se laisser emporter dans son monde de rêve habituel. Il se redressa et s’appuya sur un coude pour observer Emy.

Celle-ci avait toujours les yeux fermés, la tête dodelinant légèrement au rythme de la musique. Son regard glissa lentement sur les lèvres de la jeune fille. Il n’avait pas fait l’amour depuis un bon moment. Il en ressentait rarement le besoin (il cédait plutôt aux caprices de Kelly ou à la boisson), mais à cet instant précis, l’idée le traversa. Après une journée catastrophique, quoi de mieux qu’un petit moment de plaisir comme remontant?

Il se pencha doucement vers Emy et déposa ses lèvres sur les siennes. Ce premier contact à saveur de crème glacée St-Hubert le fit frissonner. Conscient qu’il avait probablement surpris Emy en l’embrassant, Bones se contenta d’abord d’un baiser court. Si elle n’avait pas envie d’aller plus loin, il n’allait certainement la forcer.
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Emy
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MessageSujet: Re: Sometimes you can't make it on your own (suite)   Mar 6 Nov 2012 - 21:04

Alors que mes pensées n'étaient plus que disparates, que mon corps était complètement détendu et mes muscles relâchés, je sentis quelque chose de doux venir se déposer sur mes lèvres. Mon corps se crispa presque aussitôt. J'ouvris les yeux rapidement et restai surprise un instant. Je ne comprenais pas ce qui venait de ce passer. Enfin, avec Bones juste au-dessus de moi, il n'y avait aucun doute qu'il venait de m'embrasser. J'en restais stupéfaite un moment avant de me demander comment c'était possible que je ne me sois pas aperçu de son futur geste. Plutôt bizarre comme première pensée, mais ce qui me vint en tête par la suite était encore plus étrange. Ce baiser m'avait plu. Par contre, j'étais encore trop figée pour dire quoi que ce soit et des rougeurs apparentes faisaient leur places sur mes joues.

-Que...qu'est-ce que tu fais!?

J'avais prononcé ces mots en fronçant les sourcils. J'étais surprise et déboussolée à la fois. Je ne savais pas comment réagir ni quoi penser de cette situation. J'étais fâchée dût au fait qu'il fait pût se sentir suffisamment en confiance pour m'embrasser. Je laissais vraiment tant de signes que ça? Il m'avait pourtant semblé m'être comporté tout à fait normalement. Enfin, plus j'y pensais, plus cela faisait tout son sens. Malgré mes questionnements et mon expression quelques peu colérique, je ne pouvais retirer de ma tête à quel point ce baiser était agréable. J'avais du mal à l'admettre et à le penser, seulement c'était évident. Avec Bones penché juste au-dessus de moi et ses mains appuyées de chaque côté de mon corps, je restais pourtant complètement immobile. Je dois bien l'avouer, j'étais trop fière pour espérer continuer ce baiser et m'avouer à moi-même mes sentiments pour lui. Lui montrer ma faiblesse était aussi une sorte de crainte qui me hantait l'esprit. Après une bonne minute de silence et de réflexions idiotes envers moi-même, je finis par me dire que qui ne tente rien n'a rien. Mais est-ce que je tenais vraiment à Bones à ce point?

Instinctivement, j'approchais mon visage du sien et l'embrassai doucement. Mes mains se mirent à trembler tandis que mon coeur battait la chamade. Je ne comprenais pas ce qui m'arrivait. Je ne l'avais vu que deux fois, exactement dix heures pour être plus précise. Est-ce que dix heures suffisaient à créer un sentiment amoureux entre deux personnes? J'étais un peu perdue mais je ne pouvais pas arrêter de l'embrasser. Tremblotante, je vins déposer ma main droite sur la sienne. Je ne pus m'empêcher d'approcher mon corps plus près du sien. Tous deux à genoux, je voulus me sentir encore plus près de lui en mettant ma main gauche derrière sa nuque. Je ne comprenais pas ce que je faisais et ça m'énervait. Seulement, je ne pouvais m'empêcher de l'embrasser encore et encore. Les minuscules pauses que l'on prenait parfois pour reprendre notre souffle semblaient déjà de trop. Je ne voulais plus le lâcher, je n'y arrivais pas. Ou avais-je la tête...
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Bones
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MessageSujet: Re: Sometimes you can't make it on your own (suite)   Sam 10 Nov 2012 - 10:39

Alors qu’il attendait patiemment une réaction de la part d’Emy, milles pensées traversaient l’esprit de Bones. Allait-elle se fâcher? Allait-elle en redemander? Était-il allé trop loin, était-ce trop tôt? Il préférait ne pas trop y réfléchir. Malgré tout, après une longue hésitation, Emy approcha son visage de celui du jeune homme et l’embrassa doucement. Les questions furent rapidement oubliées, à plus tard les regrets.

Bones sentit aussitôt qu’Emy était nerveuse. Ses mains tremblaient et il sentait son cœur battre. Il devait admettre que cette proximité soudaine ne le laissait pas indifférent non plus. Entre deux baisers, ils se redressèrent lentement. Bones sentit la main d’Emy sur sa nuque. Il descendit un peu les siennes tandis que leurs baisers devenaient de plus en plus langoureux. Bones glissa une main sous le chandail de la jeune femme. Sa peau était chaude et douce.

L’excitation montait tranquillement. Bones quitta la bouche d’Emy et déposa ses lèvres sur son cou tout en l’étreignant. Il se dégagea rapidement pour ôter son t-shirt, puis il roula sur le côté du matelas, en entraînant Emy avec lui. Il aimait la sentir contre lui, il se sentait bien.

Un grand fracas les fit sursauter. Bones jeta un coup d’œil perplexe au sol : dans le feu de l’action, son tourne-disque était tombé.

-Non! s’écria le jeune homme en s’extirpant hors du lit.

Il souleva rapidement le boîtier et le bras de lecture resta bêtement sur le plancher. Bones regarda son tourne-disque avec un air catastrophé. La tête de lecture était brisée et le support à bras était fendu. En d’autres termes, il ne tenait plus qu’une vieille épave inutilisable entre ses mains. Réparer le tout était impossible, autant techniquement que monétairement parlant. Les larmes montèrent aux yeux de Bones.

-C’est pas possible… C’est pas possible… Pas aujourd’hui putain!

Furieux, il se retint de lancer l’appareil contre le mur. Il se contenta de le laisser tomber sur le matelas et il prit sa tête entre ses mains. Pas aujourd’hui… Il n’avait pas besoin d’un autre malheur! Ne manquait plus que l’appartement prenne en feu!

Exaspéré, Bones fondit en sanglots.

-Putain de vie de merde! Pourquoi il y a jamais rien qui fonctionne?!

Il serra ses cheveux entre ses doigts, les mains tremblantes. Il eut soudainement conscience qu’Emy se trouvait à côté de lui. Il se leva brusquement et saisit le t-shirt qu’il avait envoyé valser tout à l’heure.

-Va-t’en, marmonna Bones à l’intention d’Emy, les yeux rouges. J’aurais jamais dû t’amener ici. On devrait même pas se voir, c’est n’importe quoi. Je mérite pas ton attention. J’ai pas besoin de charité, je peux me débrouiller seul, continua-t-il.

Comme pour le contredire, une pile de vaisselle s’effondra dans l’évier. Les sanglots de Bones redoublèrent.

-Va-t’en! répéta-t-il.

Il tourna dos à Emy et baissa la tête avec la violente envie de défoncer un mur. Il s’en voulait d’être aussi dur, mais il ne voulait pas qu’Emy voit la vie de merde qu’il avait. Elle en avait déjà assez vu comme ça.
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Emy
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MessageSujet: Re: Sometimes you can't make it on your own (suite)   Dim 11 Nov 2012 - 1:22

Malgré mon incompréhension totale à tout ce qui était en train de se passer, je me sentais infiniment bien. Ses mains froides me donnèrent des frissons alors que mon corps était bouillant d'excitation. Il me faisait sentir spéciale, différente. On ne se posait pas de questions, on agissait. Je n'avais jamais agis sur un coup de tête pour quelque chose du genre. Ça ne me ressemblait pas du tout, mais je ne m'en sentais pas mal pour autant. Bones me faisait oublier les raisons pour lesquelles j'étais indécise. Il décida ensuite de venir m'embrasser dans le cou en me serrant très fort. Je crois que c'est à cet instant que mes muscles se détendirent réellement. Nos respirations fortes me faisaient sentir toute chose et me rendaient encore plus apte à apprécier le moment. Une partie de moi ne voulait pas y succomber, mais bon.

Puis, il m'entraîna avec lui dans un élan de passion sur ma droite. Son corps contre le mien était quelque chose d'assez intime et confortable à la fois. J'aimais le serrer et constater qu'il me serrait aussi. Mais évidemment, il ne prit pas longtemps à Bones et à moi pour nous rendre compte que la musique avait cessé de jouer sur le tourne-disque. Nous avions comme par réflexe cesser de nous embrasser tout en restant figés par la surprise. Le bruit nous avait fait sursauter, sachant tous deux l'inquiétude qui guettait l'esprit de Bones. Il me lâcha -ce qui fut décevant- pour constater les dégâts occasionnés. Il prit ce qu'il restait de son cher tourne-disque, son bien qui semblait si important pour lui qu'il en vint à pleurer. Mes yeux s'ouvrirent grand et mon regard devint presque paniqué. Je ne savais pas qu'il y tenait au point de fondre en larmes. J'étais troublée, je ne comprenais pas. Je n'avais jamais vu un homme pleurer de la sorte...

-C’est pas possible… C’est pas possible… Pas aujourd'hui putain! ... Putain de vie de merde! Pourquoi il y a jamais rien qui fonctionne?!

Je voulais lui tendre la main mais je n'y arrivais pas. J'étais bigrement idiote. Nous venions de vivre un moment totalement intime et je n'arrivais même pas à me sentir suffisamment près de lui pour pouvoir le réconforter correctement. Nous y étions sans doute allés un peu vite c'est vrai. Je ne savais même pas comment j'étais censée réagir. Une légère distance de 50 cm devait nous séparer et je n'arrivais pas à briser cette distance. J'avais envie de le serrer, de lui demander ce qui n'allait pas, d'être là pour lui. Je m'en sentais incapable... j'étais trop faible pour m'avouer sensible.

À l'entendre, son tourne-disque n'était pas la seule chose qui le contrariait. Au début de la journée, il semblait totalement démoli et ceci n'avait sans doute pas aidé. Peut-être que si j'essayais de lui remonter le moral? Non, je ne pouvais pas. Voir quelqu'un dans cet état me faisait toujours un peu peur. Je n'avais jamais réconforté quiconque au point de faire sentir à cette personne qu'elle allait mieux. La seule chose que je pouvais faire c'était leur offrir un repas, les sortir un peu au cinoche, ce genre de choses. Je n'étais pas la meilleure amie modèle toujours là pour les autres. Je n'avais pas appris à l'être et presque personne n'avait compté sur moi jusqu'à ce que j'atteigne ce titre ultime. Pour une fois j'aurais voulu savoir comment rendre cette personne vraiment heureuse.

-Va-t’en, fit-il en marmonnant au début. J’aurais jamais dû t’amener ici. On devrait même pas se voir, c’est n’importe quoi. Je mérite pas ton attention. J’ai pas besoin de charité, je peux me débrouiller seul.

Cette dernière phrase fût de trop. Je me relevai à mon tour en le regardant fixement, troublée et même fâchée.

-Charité? Ma charité!? , fis-je en haussant la voix malgré moi.

Me rendant compte du niveau de ma voix, je pris une inspiration avant de continuer sur mon ton habituel.

-Parce que tu crois que ma présence ici est due à de la charité? Tu... rah, écoute... je suis désolée pour tout ce qui t'arrive, vraiment. Si tu ne veux pas d'aide j'arrêterais de t'inviter à prendre un café ou manger avec moi. Ça m'est égal, tu fais ce que tu veux.

Ses sanglots redoublèrent et il me tourna le dos subitement. Insultée, je fis de même et croisais mes bras en me refermant de tout mon être. Il m'avait mal interprété, encore. Combien de fois m'étais-je fais traité de gosse de riche qui ne porte pas attention à rien? Je détestais le fait qu'on me croit sans sentiments. Il faut dire que je ne le démontrais pas non plus. Je n'ai jamais appris à les démontrer correctement, mais j'en éprouvais quand même.

-Je...je pars pas. Pas à moins que tu m'y obliges vraiment.

Je détestait parler comme ça. J'étais frustrée, blessée et énervée. Ma tête se baissa aussi par réflexe et je commençais à me recroqueviller sur moi-même. J'étais redevenue faible.

-Contrairement à ce que tu crois... je...je tiens vraiment à toi, commençais-je. Je veux rester ici, aussi malchanceux puisses-tu être. Je m'en fiche.

Je mordis ma lèvre inférieure et resserrait l'espèce d'étreinte que je me donnais à moi-même. Ça m'énervait de lui avouer ce genre de choses, mais j'étais loin d'être le genre de personne qui se servait des autres pour accomplir sa bonne action du jour. Si j'étais ici en ce moment, c'était pour lui et non pour une quelconque raison superficielle.


Dernière édition par Emy le Lun 12 Nov 2012 - 15:36, édité 2 fois
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Bones
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MessageSujet: Re: Sometimes you can't make it on your own (suite)   Dim 11 Nov 2012 - 20:49

Bones avait écouté calmement Emy, en tâchant de reprendre le contrôle de ses émotions. Après quelques minutes, il avait retrouvé un semblant de dignité. Il se tourna lentement vers Emy, celle-ci était toujours de dos. Il baissa la tête, honteux. Il se sentait mal de s’être énervé (injustement) contre elle.

-Désolé, soupira Bones, piteux. Je… Tout va mal dans ma vie présentement et…

Il s’interrompit, cherchant les bons mots. Il réalisait peu à peu ce qu’Emy lui avait dit. Elle tenait vraiment à lui. Ce n’était pas par pitié qu’elle lui accordait sa présence, c’était parce qu’elle en avait envie. La culpabilité de Bones ne fit que grandir en comprenant tout le courage qu’Emy avait dû prendre pour lui avouer le fond de sa pensée. Il ne pouvait pas ignorer ce qu’elle avait réussi à dire, il devait répondre avec autant de franchise.

Bones prit une grande respiration.

-En fait, en ce moment, y a un seul élément positif dans ma vie, et c’est toi, admit Bones, le regard rivé sur le sol. Alors, non, j’ai pas envie que tu partes.

Bones garda obstinément les yeux baissés.

-Je… Je veux juste pas que tu penses que je suis profiteur. Moi aussi, je tiens à toi. C’est juste que… J’ai l’impression d’être tellement pathétique avec mon appart’ minable à côté de toi.

Il jeta un coup d’œil triste au tourne-disque.

-Mon magasin s’est fait cambrioler aujourd’hui, déclara Bones. Ça va me prendre des semaines avant de pouvoir tout réparer. Je carbure au café depuis des jours, je dors à peine à cause de toute la caféine, et un peu à cause de Kelly, faut dire qu’elle est dans une passe très expressive ces temps-ci… M’enfin, je suis un peu au bout du rouleau, comme tu peux voir, souffla Bones en se rassoyant sur le lit.

Il ne savait pas trop pourquoi il racontait tout ça à Emy, mais le simple fait d’évacuer le trop-plein de pensées qui occupaient son esprit lui faisait du bien.

-La seule chose qui réussissait à me changer un peu les idées, c’était ça, fit Bones en désignant la dépouille de son tourne-disque. Et maintenant, je vais devoir trouver un moyen de le réparer…

Il leva finalement la tête vers Emy.

-Je voulais pas me fâcher contre toi tout à l’heure, s’excusa-t-il. J’ai pété un plomb, j’avais pas à te faire subir mes problèmes. Surtout pas après ce qui vient de se passer, dit Bones, d’une voix pleine de sous-entendus.

Il tendit les bras vers Emy.

-Ta présence compte plus pour moi qu’une vieille radio.
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MessageSujet: Re: Sometimes you can't make it on your own (suite)   Dim 11 Nov 2012 - 21:48

Je n'osais pas regarder Bones en face. Après tout, je venais justement de lui dire quelque chose d'assez embrassant. Ce n'est pas tout le monde qui avoue se sentir vraiment bien avec une ''connaissance''.

-En fait, en ce moment, y a un seul élément positif dans ma vie, et c’est toi, admit Bones. Alors, non, j’ai pas envie que tu partes.

Je crois que mon caractère renfrogné venait de subir un coup. Je restais surprise face à cet aveu. Pour être franche j'en étais profondément touchée. J'avais l'unique désir de lui exprimer ma reconnaissance, mais je sentais bien qu'il avait autre chose à dire. Il m'expliquai qu'il en avait marre de tout ce qui lui arrivait, et je devais bien avouer le comprendre. Moi aussi j'aurais été choquée si on m'avait volé ma collection de vieilles consoles par exemple. Sauf que lui, c'était un magasin tout entier de disques auxquels il tenait. Ça semblait être sa seule source de revenus. C'était sûrement un coup difficile à encaisser. Il y avait tellement de choses que j'aurais voulu lui dire alors qu'il me débitait tout ça. Comme que j'aurais pût l'aider à lui installer de nouvelles caméras de surveillance ou encore que ça ne me dérangeait pas de trouver un moyen pour réparer son tourne-disque...

-Je voulais pas me fâcher contre toi tout à l’heure, s’excusa-t-il. J’ai pété un plomb, j’avais pas à te faire subir mes problèmes. Surtout pas après ce qui vient de se passer. Ta présence compte plus pour moi qu'une vieille radio.


Je ne pus m'empêcher de détourner mon regard vers lui. Il était assis là, près de la carcasse de son bien inestimable, en disant haut et fort que ça n'importait pas plus que moi. Il me tendait même les bras comme s'il voulait un câlin. Je vins doucement m'asseoir près de lui, les bras toujours resserrés sur moi-même. Ma tête vint instinctivement se déposer sur son épaule et je l'étreignis ensuite maladroitement. Nous restions en silence un bon moment avant que je ne prenne la parole. J'avais l'impression que mille mots avaient traversés ce silence.

-Je t'assures que tu n'as pas à te sentir minable,lui ds-je calmement. Contrairement à ce que je laisse paraître parfois, je me fiche de nos différences. Ta présence compte beaucoup pour moi aussi Bones...

Je le serrai très fort contre moi en esquissant un sourire. J'étais heureuse de ce qu'il venait de m'avouer, du fait qu'il veuille que je reste près de lui et qu'il tienne à moi.

-D'ailleurs...

Je mis délicatement mes deux mains sur ses épaules pour le faire tomber doucement sur le matelas. J'approchais mes lèvres des siennes sans pour autant l'embrasser. J'étais rouge de gêne mais je m'en fichais complètement.

-Où en étions-nous?
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