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 Un jour, je donnerai un titre potable à ce truc

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Kyle

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MessageSujet: Un jour, je donnerai un titre potable à ce truc   Un jour, je donnerai un titre potable à ce truc Icon_minitimeMer 11 Juil 2012 - 23:17

Day One: Beginning

Il est Peter Parker, un adolescent un peu trop ci et pas assez ça, Peter Parker, un enfant sans plus de parents, dont le nom de famille est porté comme un deuil. Il est Peter Parker et il peut grimper sur les murs, arracher des tiges de métal de leur socle et battre dix hommes armés à mains nues. Il est Peter Parker et soudainement, il devient tellement plus.

Peter rentre chez lui et il a un œil noirci et des marques rouges sur la joue gauche, les jointures en sang et des bleus plein le corps. Il rentre chez lui et sait que sa tante l’attend, mais il ne peut pas s’arrêter à l’horreur qu’il voit sur son visage, il ne peut que proférer des banalités, ouvrir la bouche sans croiser son regard et dire j’ai simplement tombé. Il ment, pas exactement une nouveauté sauf que cette fois, les mots sont lourds sur sa langue. Peter Parker devient un menteur pour la bonne cause (qui n’est peut-être pas si bonne en réalité) et il pense, ça n’a jamais été bien difficile auparavant. Il rentre chez lui une fois ainsi et réalise : ce n’est que le début.

Il ne peut pas s’arrêter.

Il est invincible, impossible, possédé, il tombe du ciel sur les bandits des ruelles sans jamais trouver celui qui importe vraiment, bondit dans la ville entre les murs, les escaliers, les voitures, et cherche, cherche, cherche.

Oh il ne prétend pas être un héros, et il le précise au père de Gwen, car il sait bien que les héros ne sont pas comme lui, des adolescents vengeurs ayant causé la mort de leur propre oncle. Peter n’est pas certain de ce qu’il fait ni de ce qu’il est, mais il a la ville de New York sous les yeux et Gwen devait lui et elle est impossible, aussi impossible que son secret qui se fait soudainement lourd, une tonne de plomb sur le bout de sa langue. Il plie, encore et encore, et le sentiment se rapproche de celui qu’il ressent lorsqu’il met un pied dans le vide et se balance en chute libre depuis le haut d’un gratte-ciel. Peter tombe comme il ne l’a jamais fait auparavant.

Puis, cette sensation, ce picotement derrière la nuque, cette certitude que quelque chose ne va pas.

Il fait nuit et sur le pont, il y a une créature qui ne devrait pas exister. Une bête, hideux reptile géant, qui se fraye un chemin parmi les voitures abandonnées, des gens qui courent dans l’espoir de se mettre à l’abri et Peter qui observe l’espace d’une seconde le désastre, inspire, expire et enfile son costume, presque solennellement, parce qu’il sait qu’il n’a pas le choix, parce qu’un jour quelqu’un de bon, de bien meilleur que lui, a dit « si tu possèdes le pouvoir de faire le bien, alors tu te dois d’aider les autres ».

Peter ne sait pas vraiment ce qu’il fait, il n’a que quinze ans et un peu trop de possibilités entre ses mains, un cœur saignant et de la stupidité à dépenser. Il ne pense pas au jeu dans lequel il se prépare à entrer, il ne pense pas (pas encore) au parallèle qu’il a à trouver entre lui et cette créature, il ne pense pas au fait qu’il est seul. Il pense à sa tante et son oncle, à Gwen et son père, à la ville et à ce qu’il est, il pense au surnom ridicule que les gens lui ont donné, Spider-man, il pense à tant de choses en cette fraction d’instant, ce moment suspendu où il glisse son masque sur son visage.

Peter Parker est un adolescent un peu étrange, une grosse tête, un amateur scientifique et photographe, un rejeté. Il ne sait pas vraiment ce qu’il fait, mais ce soir, il sauvera un enfant et lorsque le père lui demandera qui es-tu?, Peter répondra Spider-man.

Il plonge.

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Kyle

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MessageSujet: Re: Un jour, je donnerai un titre potable à ce truc   Un jour, je donnerai un titre potable à ce truc Icon_minitimeJeu 12 Juil 2012 - 15:21

Day Two: Accusation

Leur histoire n’était rien d’autre qu’une terrible routine. Une affaire secrète, de la pire sorte, et cette seule idée était d’un ridicule à s’étouffer. Ichigo avait quelque chose de pourri en lui, une part sombre et tordue qui n’avait rien à voir avec le monstre qu’il avait en tête, mais qui était plutôt comme un poison, un liquide en fusion se propageant dans son esprit et son corps. Il était distrait, toujours sur les nerfs, guettant le moindre bruit familier, le moment précis où le grésillement dans l’air annonçant son arrivée se ferait entendre.

Oui, il y avait quelque chose de pourri en Ichigo et cette chose portait un nom, le même qui était régulièrement maudit, murmuré, crié, étouffé, parfois en plein jour avec du sang dans la bouche, sur le front, les mains, le corps meurtri, une carcasse de chaire déchirée et de douleur, parfois en pleine nuit, lorsque la maison se faisait silencieuse et qu’il ne restait plus qu’à ouvrir sa fenêtre et laisser le démon entrer.

Ichigo avait des empreintes de doigts sur les hanches, des traces d’ongles aussi, des plaies rougeâtres sur les bras, les jambes, le dos, des marques de dents, de petites fleurs violacées déployée sur son corps en une mosaïque possessive. Il y avait aussi cette brûlure, vive, honteuse et coupable, puis ce fulgurant désir qui faisait trembler ses doigts lorsqu’il s’étirait pour ouvrir sa fenêtre.

Ichigo collectionnait les dommages comme des preuves et une voix (grinçante, ricaneuse, familière) lui chuchotait : preuves de quoi? Et l’écho lui répondait sur le même ton une phrase terrible, marque au fer rouge sur l’esprit déjà consumé d’Ichigo : preuves que tu lui appartiens.

Il t’a tout pris. Il t’a volé.

Puis, la nuit venue, Ichigo ouvrait sa fenêtre et Grimmjow entrait encore, encore et encore.

« Tout est de ta faute, lui disait-il entre deux respirations saccadées.
-Si ça te fait plaisir d’y croire » répondait l’autre et il avait son sourire qui n’en finissait plus, celui qu’Ichigo aurait voulu arracher de ses ongles.

Il t’a volé. Tu lui appartiens.

« Allez, blâme-moi Shinigami, blâme-moi pour tout ce que tu as trouvé d’horrible au fond de toi, blâme le monstre ».


[NDA: oops un vieux pairing qui ressort]
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MessageSujet: Re: Un jour, je donnerai un titre potable à ce truc   Un jour, je donnerai un titre potable à ce truc Icon_minitimeDim 15 Juil 2012 - 21:38

Day Three: Restless


Kyle n’aimait pas les hôpitaux. Il n’aimait pas les chambres d’hôpital, le blanc stérile qui se retrouvait partout où l’on pouvait poser l’œil, les draps trop raides, les oreillers trop durs, l’odeur de maladie qui semblait être sous-entendue dans tous les recoins qu’importe la propreté des lieux, cet espèce de vide palpable, le manque de vie vivante. Il n’aimait pas les médecins, faux sympathisants, désintéressés, blasés par la quantité de patients qu’ils voyaient passer devant leurs yeux. Il n’aimait pas non plus les infirmières qui croyaient bon de le sermonner sans cesse sur son manque de prudence, non, non, il devait rester allongé, il n’était pas encore tout à fait guéri, dors maintenant et ça ira vite mieux.

Il se sentait devenir fou sur son lit blanc dans sa chambre toute blanche, des fleurs flétries à sa gauche (et qui les avait posées là? Il n’avait personne, personne), une fenêtre ouverte en face donnant sur une cour verdoyante, superbe cliché de tous les clichés et Kyle haïssait ne pas pouvoir se lever et faire quelque chose, n’importe quoi. Une jambe dans le plâtre, ça ne pardonnait pas.

-Il faudra remplacer ces fleurs bientôt, pipa l’infirmière en entrant dans sa chambre.

Kyle croisa les bras, ses doigts tapant un rythme sans continu sur sa peau, inlassable. Il glissa les yeux vers les plantes qui commençaient à faire davantage pitié qu’autre chose, cultiva la question un moment entre ses lèvres et choisit de garder le silence.

-Toujours pas de mots aujourd’hui, monsieur Greenwood?, fit gentiment la dame et Kyle lui aurait bien souri, mais il aurait probablement eu l’air d’un chien montrant les dents à ce moment.

L’attente le rendait impossible. Il l’entendit soupirer.

-Ce ne sera pas très long encore, dit-elle. Il s’agit de s’assurer que la plaie sur votre épaule ne s’est pas infectée et ne risque pas de le faire, puis on vous laissera partir. Dans vos appartements de la PIRIA.

Kyle détourna la tête, le visage tourné vers le mur, comme un enfant boudeur. Il ferma les yeux, l’écouta s’afférer autour de lui, vérifier ses signes vitaux, son plâtre, ses bandages, puis enfin, prendre le pot de fleurs mourantes.

-Je vais les faire changer, d’accord, monsieur Greenwood?

-Non, dit-il et sa propre voix lui parut lointaine, un peu trop grave, comme mal usée. Non, laissez-les là où elles sont. S’il vous plait.

Il ne la vit pas, mais le silence qui suivit fut d’or, traduisant souplement le choc de l’infirmière, l’immobilité dans l’air plus explicite que quoique ce soit d’autre. Finalement, il y eut un clic sonore et le pot retourna à son emplacement originel.

-Autre chose, monsieur Greenwood?, dit-elle et Kyle eut une étrange bouffée d’appréciation pour cette infirmière qu’il ne connaissait pas et son professionnalisme.

Il lui glissa un regard, secoua la tête avec un coin de sa bouche relevé et ouch, le mouvement ne fut pas agréable puisque ses lèvres étaient toujours aussi craquelées. Elle eut un hoquet de rire et lança :

-Faites attention à vous.

Kyle ouvrit grand les yeux, l’air innocent, haussa les épaules et elle rit pour de bon. Elle quitta la chambre et le silence stérile revint avec le decrescendo de ses bruits de pas. Il tourna la tête vers les fleurs sans vie, ses doigts s’ouvrant et se refermant sur ses draps, pensant : voilà à quoi je vais bientôt ressembler, voilà comment je ne veux pas terminer.
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MessageSujet: Re: Un jour, je donnerai un titre potable à ce truc   Un jour, je donnerai un titre potable à ce truc Icon_minitimeDim 15 Juil 2012 - 21:41

Day Four: Snowflake

Elle naquit de neige, de sang et d’ébène. Elle naquit d’une idée, d’un fantasme, d’une ombre parfaite sur le bord d’une fenêtre. Elle naquit et ne fut jamais elle-même, ne fut jamais réellement quelqu’un.

Elle grandit et devint belle, belle, belle et cela suffit à chacun.

On aurait pu écrire des poèmes sur la courbe de ses lèvres, la précise teinte de noir qui couvrait ses cheveux, sur la longueur de ses cils et l’ombre qu’ils déposaient sur ses joues, sur sa peau blanche et ses poignets fins, ses grands yeux sombres, sa taille fine, ses mains de porcelaine et son nom aurait pu s’élever comme celui d’Hélène, murmuré par les gens qui en auraient fait une légende, Blanche-Neige, celle qui naquit, fut et mourut dans une cage de verre.

Elle attisa la convoitise, la luxure et la jalousie, une horrible et violente jalousie d’une femme qui en voulait à tout ce qu’elle était censée être, tout ce qu’elle était supposée devenir, tout ce qui ne lui avait et n’allait jamais vraiment lui appartenir.

On la mit en haillons pour lui retirer son rang, on macula son visage de saleté et de coups pour camoufler sa beauté, on la fit nettoyer le palais pour écorcher ses mains, ses ongles, ses genoux, on fit d’elle une simple domestique pour lui confisquer son pouvoir.

Elle regarda cette femme s’asseoir sur le trône, magnifique robe brodée d’or et d’argent, couronne cernée de pierres précieuses, brillante et lourde, lourde, longs doigts fins crispés sur les bras du siège et lèvres rouges étirées sur un visage noble, elle la regarda s’asseoir sur le trône, se disant que jamais elle ne serait si digne, que jamais elle ne pourrait rependre ce qui lui avait été promis à sa naissance.

Blanche-Neige naquit d’une illusion, d’un rêve et ainsi la traita-t-on. Elle grandit et devint belle, mais ne devint rien d’autre et le jour où cette femme se fit reine, de la neige tombait sans bruit, douce contre les cadres d’ébènes.
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