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 Finding Nina

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Ariel

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MessageSujet: Finding Nina   Mar 2 Avr 2013 - 0:03


Spoiler:
 

-Ce sera tout pour cette session.

Les élèves de la classe de dessin technique d'Ariel Savary sortirent en coup de vent de leur cours. Ariel, de son côté, prit le temps de ranger soigneusement son matériel scolaire de façon ordonnée dans son sac à dos. Il était en train de fermer son sac lorsque son professeur l'aborda.

-Monsieur Savary, vous avez une minute?

Ariel leva le regard vers son professeur, inquiet.

-Oui, pas de problème. Quelque chose ne va pas, monsieur?

L'enseignant le regarda d'un air rassurant.

-Pas à ma connaissance. Je voulais simplement échanger un mot avec mon élève préféré.

Monsieur Hamilton appelait tous ses étudiants «mon élève préféré». Il était probablement le professeur favori d'Ariel; il mettait les gens à l'aise et il racontait toujours des bonnes blagues pour détendre l'atmosphère durant ses cours en plus d'avoir une excellente pédagogie.

Ariel regarda fixement son professeur, attendant la suite de la conversation.

-J'espère que tu sauras profiter adéquatement de tes congés d'été. Tu retournes à Montréal pour les vacances, n'est-ce pas?

-Oui. Je passe chercher Nina à Guildhall, on dîne puis on s'en va prendre l'avion. J'ai acheté les billets il y a deux mois de cela.

Monsieur Hamilton rigola.

-Ah! Ça, ça ne m'étonne pas du tout de votre part. Toujours aussi organisé. Votre sœur a passé les trois dernières semaines à faire la fête, j'imagine?

Ariel regarda son enseignant, perplexe.

-Faire la fête? Probablement, même si je lui ai conseillé à plusieurs reprise de ne pas faire ça! Après tout, elle était dans sa dernière semaine d'examens elle aussi!

Le professeur de dessin technique le regarda, songeur.

-Monsieur Savary, je crois que vous vous trompez. L'école de Musique et d'Art Dramatique de Guildhall a terminé ses cours depuis trois semaines déjà. Ses étudiants sont déjà en congé!

Ariel était complètement incrédule.

-Mais… elle m'a dit qu'elle terminait aujourd'hui!

-Apparemment votre sœur vous a menti pour pouvoir faire la fête plus longtemps. Du moins, c'est mon hypothèse, si je me fie aux anecdotes que vous m'avez déjà racontées sur elle.

-Probablement…

-Vous allez savoir ses motivations bientôt de toute façon puisque vous allez la voir. Il n'y a pas de quoi s'inquiéter, monsieur Savary.

-J'imagine… Au revoir, monsieur Hamilton. On se voit l'automne prochain!

-Au revoir!

Une fois à l'extérieur Ariel fut accueilli par un soleil éclatant, beaucoup trop tapant pour la fin du mois de Mai.

Il décida de faire le trajet à pieds; l'université de sa sœur était à 40 minutes de la sienne, mais Ariel aimait les longues promenades lui permettant de contempler le paysage. Il aimait tellement se promener que parfois il le faisait même lorsqu'il pleuvait (ce qui n'était pas rare, Londres étant ce qu'elle était) et il s'attirait des drôles de regards des passants qui courraient se réfugier le plus loin possible de la température. Les drôles de regards étaient probablement plus causés par le au fait que, parfois, il avait un parapluie mais ne s'en servait même pas. Ces gens ne comprenaient-ils pas que pour pouvoir observer la ville, il valait mieux ne pas avoir de parapluie qui nous obstruait la vue? Ariel songea qu'il devait être très apparent qu'il était un étudiant à l'étranger et non un natif.

Sa sœur était mieux d'avoir une sacrée bonne explication. La dernière fois qu'il l'avait vue en personne remontait à plus d'un mois. Après quoi, elle lui avait fait savoir qu'elle était débordée par ses travaux scolaires et qu'elle ne pourrait plus le voir avant la fin de la session. Elle lui avait parlé pour la dernière fois au téléphone il y avait une semaine de cela, lui disant que pour cette semaine, il serait mieux de ne carrément plus l'appeler vu la pile d'examens qui l'attendait. Évidemment, elle lui avait menti.

Une fois devant la bâtisse éclairée de façon élaborée (le bâtiment entier criait école de musique et d'art dramatique), Ariel se mit à la recherche de sa sœur. Elle devait se trouver dans les marches avec ses amis, comme d'habitude.

Ah, voilà des visages familiers!

Jenny Taylor et Zachary Parker, les meilleurs amis de sa sœur, se trouvaient dans les premières marches de la porte d'entrée. Ariel alla vers eux.

-Jenny, Zack! Ça fait longtemps. J'aime ton chapeau, Zack.
-Moi aussi, j'aime mon chapeau.

Ariel était plutôt familier avec ces deux-là. Nina les lui avait présentés l'an dernier et ils étaient devenus ses amis à lui aussi, à force de passer du temps ensemble. C'était pratiquement devenu une règle non-écrite qu'Ariel devait commenter le chapeau que Zachary portait lorsqu'il le croisait. Sa sœur trouvait ça drôle. Parlant de Nina…

-Vous n'auriez pas vu Nina?

Jenny et Zachary se jetèrent un regard interloqué.

-…votre expression me fait peur.

Jenny regarda Ariel fixement, une expression sérieuse sur son beau visage sombre.

-Ariel. Nina a lâché ses cours depuis trois mois, déjà.

Jenny, la meilleure amie de Nina, était une fille très directe. Ariel appréciait beaucoup ce trait de personnalité chez elle, étant lui-même une personne honnête qui aimait dire les choses comme elles étaient. C'était en partie ce qui les avait rapprochés l'an dernier, lorsqu'ils s'étaient fréquentés quelques semaines avant de se rendre compte qu'ils préféraient rester amis.

Or, lorsque Jenny lui sortait une telle réplique sans aucun contexte, Ariel ne savait pas trop quoi dire. Son cerveau semblait incapable d'analyser ce qu'elle venait de lui dévoiler. C'est pourquoi la réponse qu'il donna à cette réplique ne fut pas très stylisée ou recherchée.

-…quoi?

-Tu veux dire que tu n'es pas au courant? Elle m'a dit qu'elle était repartie à Montréal pour se questionner sur son parcours universitaire…

Repartie à Montréal? Ça ne faisait aucun sens! Nina lui avait dit qu'elle était encore à Londres la semaine passée au téléphone, elle lui avait parlé d'un petit café qu'elle venait de découvrir!

-Quand? Quand est-ce qu'elle t'a dit ça, Jenny?
-La semaine dernière.
-Lundi?
-Oui.
-Moi aussi elle m'a appelé lundi dernier! Et elle m'a dit qu'elle était à Londres!

Jenny et Zack se jetèrent un autre regard confus.

-T'es pas sérieux… mais dans quelle aventure s'est-elle embarquée…

Jenny avait l'air épuisée. Ariel, lui, ne savait pas s'il devait se sentir inquiet ou frustré.

-Je ne sais pas! Ce n'est pas son genre de me mentir comme ça! Faire des trucs insensés, oui, mais elle me tient toujours au courant d'habitude!

-Ne paniquez pas trop. C'est Nina, elle sait ce qu'elle fait.

-Elle croit qu'elle sait ce qu'elle fait, Zachary, et ce qu'elle veut change tout le temps!

-D'accord Ariel, je te donne raison sur ton deuxième point. Mais on lui a tous parlé récemment, non? Je ne crois pas qu'il lui soit arrivé quelque chose de grave. Elle est juste… Nina, quoi.

Ariel fut soulagé de lire à son expression que Jenny semblait partager son opinion.

-Le fait qu'elle ne soit pas en danger n'est pas le problème immédiat ici. C'est le fait qu'elle nous cache quelque chose.

-Vu de cet angle-là… on peut bien visiter sa chambre, si tu veux? Sa coloc de chambre a peut-être quelque chose à dire sur le sujet.

Ariel devait admettre que l'idée de Zachary était bonne, malgré la légère amertume qu'il éprouvait envers le jeune homme pour le moment à cause de son apparent manque d'inquiétude par rapport à la situation.

-Très bien. Allons-y tout de suite, dans ce cas!

Jenny et Zachary se levèrent des marches et accompagnèrent Ariel vers les dortoirs de l'université.
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Ariel

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MessageSujet: Re: Finding Nina   Mar 9 Avr 2013 - 22:32

275, 276, 277…

278.

Ils étaient enfin arrivés devant la chambre, ou plutôt, l'ancienne chambre de Nina. Ariel avança son poing pour frapper trois coups secs sur la porte.

-Attends!

Ariel se retourna, médusé, vers Zachary. Quel était le problème, maintenant?

-Je tiens seulement à t'avertir. La coloc de ta sœur… disons qu'on ne tombe pas sur ce genre de personne-là tous les jours.

Ariel plissa les yeux.

-Qu'est-ce que tu veux dire par là?

-Il veut dire qu'elle est un peu... étrange? Inquiétante? On pense qu'elle croit à la magie noire; elle a des livres d'incantations qui traînent un peu partout dans le côté de la chambre qui lui appartient.

Ah… peut-être aimait-elle tout simplement le surnaturel? Ariel se trouvait mal placé pour faire des suppositions sur une fille qu'il ne connaissait pas. Après tout, Jenny et Zack la connaissaient, eux.

-Elle s'appelle comment?

-Solena. Oh et je t'avertis, si tu veux lui poser des questions très personnelles à propos de Nina: elle est bête comme ses pieds. Je n'ai aucune idée pourquoi Nina la tenait en si haute estime.

Ariel regarda Jenny, incrédule.

-Tu veux dire que Nina était amie avec elle? Pourtant les seules fois que Nina me parlait d'elle, c'était assez vague. Je ne savais même pas son nom.

Jenny et Zack avaient l'air toujours aussi perdus que tout à l'heure. Ariel décida de ne pas se casser la tête avec ce nouveau mensonge pour le moment.

-Bon, ne perdons plus de temps. On en reparlera. Allons-y.

Ariel cogna trois coups rapides sur la porte. Il attendit de longues minutes, sans réponse. Il cogna à nouveau, cette fois avec beaucoup plus de vigueur.

-C'est normal, elle déteste les gens. Elle ne va pas t'ouvrir la porte à moins que tu sois déterminé et que tu cognes plusieurs fois. Par contre je sais qu'elle est là, j'entends sa musique screamo.

-D'accord, merci Jenny.

Après qu'Ariel eut cogné quatre fois (elle était demandante aujourd'hui cette fille), Solena lui ouvrit enfin la porte. C'était une fille aux longs cheveux brun foncé, presque noirs. Elle portait du maquillage noir étalé très épais sous ses yeux, lui donnant l'air d'avoir d'immenses cernes. Ses vêtements étaient tout aussi sombres et elle avait une croix autour du cou. Ses yeux étaient la seule chose qui n'était pas sinistre chez elle; ils étaient d'une sorte de bleu indigo qu'Ariel soupçonnait être des verres de contact mais il ne pouvait pas le garantir à coup sûr. Solena arborait une expression accablée.

-Taylor. Parker. Frère de Nina. Qu'est-ce que vous fichez-là. Votre petite diva n'habite plus ici et vous le savez, fichez-moi la paix.

Un rift de violon rappelant le groupe Apocalyptica à Ariel se mit à jouer en arrière-plan, ce qui ajouta une touche de dramatisme aux paroles de Solena.

-Pardon de te déranger! Nous avons vraiment besoin de renseignements à propos de Nina et nous aimerions entrer pour te poser des questions. Pouvons-nous?

Solena jeta un regard ennuyé à Ariel avant de faire une grimace de dégoût en direction de Jenny et Zack.

-Toi, d'accord. Eux, je ne préfère pas.

Apparemment, l'hostilité de Jenny et Zack envers Solena était mutuelle. Les deux meilleurs amis de Nina lui indiquèrent qu'ils l'attendraient juste à côté de la porte et Ariel entra dans l'ancien dortoir de sa sœur avec l'horrible impression qu'il s'enfermait volontairement dans un donjon.

Solena referma la porte derrière elle du bout des doigts. Chaque geste semblait lui demander un effort considérable. Ariel se demanda vaguement ce qu'elle faisait dans une école de musique et d'art dramatique si elle était si... renfermée. Elle était probablement dans un programme spécifique de musique qui ne demandait pas trop d'effort de socialisation et de politesse.

-Bon, c'est quoi que tu voulais savoir…

-Ariel.

-Ariel…

-C'est mon nom. Ariel. Tu as terminé ta phrase avec une ellipse alors je me suis dit que tu cherchais mon nom.

-Comment tu sais ça, j'ai parlé à voix haute à ce que je sache! Nina n'exagérais pas quand elle disait que tu pouvais être assez… spécial, parfois. Je le sais déjà ton nom, pas besoin de me le redire. Je vais continuer à t'appeler le frère de Nina pareil.

Elle avait du cran, cette fille-là, de lui parler comme ça alors que c'était la première fois qu'il la rencontrait de sa vie! Non pas qu'on ne lui avait jamais dit ce genre de choses-là auparavant. C'est juste qu'Ariel n'avait vraiment pas la tête à ça en ce moment; il voulait trouver sa sœur, pas partir une dispute avec une inconnue avec de la musique dramatique qui jouait en arrière-plan!

Ariel jeta un regard à la source de ladite musique. Elle provenait d'un ordinateur portable noir décoré de motifs étranges et d'une tête de mort violette. Probablement l'ordinateur de Solena.

-Si c'est ce qui te mets à l'aise. Je voulais savoir si tu avais une idée de l'endroit où Nina est partie? On m'a dit que tu étais amie avec elle.

Ça ne surprenait pas vraiment Ariel, dans le fond. Nina avait le don de s'associer avec pratiquement tout le monde, mais plus spécialement avec les pires fréquentations possible.

Solena lui jeta un regard mystérieux avant de se lancer dans son explication.

-Nina, mon amie? Qui t'a dit ça. Non laisse-moi deviner. Jenny?

-Jenny et Zack, oui. Qu'est-ce qu'il y a, c'est faux?

-C'est des vieilles nouvelles, ils ne sont vraiment pas à jour! Je ne parlais plus à Nina depuis une semaine avant qu'elle ne lâche ses cours comme une conne. Pfft, elle croit vraiment qu'elle peut tout faire par elle-même. Elle est folle.

-Hey, ne parle pas de ma sœur comme ça! Tiens-toi en aux faits.

-Hey toi-même, ta sœur, je la déteste! Elle et ses amis stupides!

-Jenny et Zack ne sont pas stupides.

-Mais laisse-moi parler qu'on en finisse, bon sang!

Juste après cette réplique, Solena décida plutôt qu'elle allait être celle qui allait leur faire perdre du temps. Elle passa à côté d'Ariel en le bousculant (en la voyant de plus près, il remarqua que ses yeux semblaient injectés de sang, sois cette fille manquait de sommeil, sois elle avait une addiction à une drogue dure quelconque) et se mis à fouiller dans son sac à main (vous l'aurez deviné, noir).

Quelques secondes plus tard elle en ressortit un paquet de cigarettes et s'en alluma une. Ariel était pratiquement sûr que c'était illégal de fumer dans les dortoirs. C'était illégal à son école d'architecture, en tout cas.

Solena dut remarquer son regard accusateur mais elle s'en ficha, prenant une bouffée de sa cigarette avant de reprendre la conversation.

-Je hais ta sœur pour une raison, pas la peine de me sortir l'acte du grand frère protecteur. Elle m'a piqué mon petit-ami.

-Je suis désolé de l'apprendre.

-Rhaarghh! Ça doit être le genre de truc qu'elle fait régulièrement en plus, hein!

-Les faits, Solena…

-Mais ça en fait partie des faits, bordel! Bon. Comme je te disais, on n'est plus amies parce qu'elle voyait Gerry en cachette alors qu'elle m'avait dit qu'ils étaient juste amis. Elle avait un petit-ami déjà alors je l'ai crue.

Si c'était encore une histoire de couples brisés, il était probablement sur une mauvaise piste. Nina avait ses amants et elle n'avait pas vraiment de considération pour les couples déjà formés, mais le scénario de la fille qui rencontrait le grand amour pour s'enfuir quelque part était très improbable. Ce n'était sûrement pas la piste qu'Ariel recherchait; Nina ne laisserait pas ses études en art dramatique pour un garçon qu'elle connaissait depuis peu, à moins qu'il y ait quelque chose de plus grand derrière ça. Peut-être…

-Dis moi-en plus sur ce Gerry.

Solena retroussa un peu les dents à la mention de son ex.

-Gerry… un gars de ville. Il a une moto. Ça marche avec les filles, les motos. Tattoos. Cheveux noirs rasés sur les côtés. Look de bad boy.

-Je ne veux pas un portrait robot. Je veux savoir quel genre de personne il est.

-Tu vois le genre.

-Parfois, les gens ont l'air de quelque chose, mais on se rend compte qu'ils sont l'opposé total après leur avoir parlé un peu.

Solena prit une autre bouffée de sa cigarette.

-Ne fais pas ton moralisateur. Je te confirme qu'il a la personnalité pour aller avec sa face, ok?!

-D'accord. Tu peux continuer.

-Bon. Elle a lâché son…

-Charles. Son petit-ami avant de rencontrer Gerry s'appelait Charles. Je croyais qu'elle sortait encore avec, d'ailleurs. Sportif, cheveux bruns, faux hawk…

Solena sembla embêtée qu'Ariel lui refasse le coup du nom en plus de retourner le truc de la description physique contre elle.

-Oui, d'accord, pas besoin de me faire un portrait, je sais c'est qui, elle m'en a assez parlé comme ça de ce gars-là, Nina! Bref. Elle l'a lâché pour Gerry. Peu avant que je l'apprenne, j'ai remarqué qu'elle passait beaucoup de temps avec lui, elle semblait avoir la tête ailleurs. Elle commençait à parler de lâcher l'école. Je crois qu'il lui a mis une idée derrière la tête.

-Oh, tu pourrais être surprise.

Solena regarda Ariel fixement.

-Quoi.

-Nina a toujours une idée derrière la tête. Pas besoin de lui en mettre une. Elle semble avoir prévu… peu importe ce qu'elle a prévu depuis un certain temps. Ça fait plus de trois mois qu'elle me ment et qu'elle ment à ses amis! Gerry est probablement celui qui a été entraîné là-dedans. Ma sœur a un don pour charmer les gens, après tout.

-Si tu le dis, T'es son frère, après tout, et je n'ai été qu'une opportunité de se faire un hook up.

-Ne dis pas ça…

Solena jeta sa cigarette de façon nonchalante en direction de sa poubelle. Elle manqua son coup et la cigarette tomba à côté du contenant en plastique. Solena se contenta de la regarder avec hargne sans la ramasser.

-Ah ouin? Pourquoi se jeter sur mon petit-ami à la première opportunité, alors?

-C'est vrai que ma sœur aime flirter.

-No shit!!!

-Mais ce n'était probablement pas son intention. De te le voler, je veux dire. Nina n'a pas de mauvaises intentions. Elle a juste… c'est une fille qui suit son intention, qui vit dans le moment présent. Je suis sûr qu'elle t'aimait bien pareil. Nina aime pratiquement tout le monde. Elle aime les gens.

-D'accord, arrête de me parler de cette fille-là! Elle me fait chier!

Wow, Solena semblait vraiment en colère. C'est vrai que se faire tromper par son petit-ami avec une fille que l'on croyait être notre amie devait être une dure épreuve à surmonter. Bravo Ariel, tu démontres encore une fois ton tact incroyable!

-Désolé… mais sérieusement. Ton ex. N'avait-il pas un rêve quelconque? Ça pourrait être une bonne piste de départ, tu vois.

-Et bien. Je ne sais pas trop. Il voulait aller vivre aux États-Unis. Je n'ai jamais pris ça au sérieux, par contre. Quelque chose à propos du rêve américain et de l'égalité des chances. On s'entend que c'est pas mal merdique, les États-Unis. Je veux dire, c'est vrai qu'il est dans une classe sociale assez basse, mais de là à vouloir carrément vivre là-bas…

Alors le fameux Gerry rêvait de vivre aux États-Unis? Est-ce que ça voulait dire que Nina…

Hollywood.

Hollywood était aux États-Unis.

Hollywood… Nina lui en parlait lorsqu'ils étaient adolescents, il avait pris ça pour un rêve passager. Après tout, toutes les aspirantes stars ont ce rêve un jour où l'autre. Et maintenant qu'elle avait été acceptée à Guildhall, Ariel croyait que cette passe était résolue pour de bon. Apparemment, ce rêve ne l'avait jamais vraiment quittée.

Nina avait lâché ses études pour aller vivre son rêve de jeunesse à Hollywood.


Dernière édition par Ariel le Ven 12 Juil 2013 - 0:30, édité 1 fois
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Ariel

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MessageSujet: Re: Finding Nina   Dim 14 Avr 2013 - 15:49

-J'ai toujours trouvé que leurs pains avaient une drôle de texture.

-Moi aussi. Ils sont un peu… farineux?

-Au moins l'ambiance est bonne.

Ariel et Jenny dînaient dans un petit café situé juste à côté de l'ancienne université de sa sœur. Pendant qu'ils faisaient une critique de la qualité de leur repas, Zachary prenait des photos du sien avec son Blackberry, probablement avec une application du genre Instagram. Jenny remarqua ce qu'il faisait et s'esclaffa.

-Hey Zack, tu vas mettre ça sur Facebook? Je ne faisais même pas ça quand j'avais quinze ans prendre des photos de ma bouffe, mon Dieu.

-Facebook ET mon blog personnel, Jen. Tu n'as jamais eu de phase Instagram? Incroyable. Je ne te crois pas.

-Je préférais prendre des selfies. Je n'ai jamais compris c'était quoi exactement le but de prendre des photos de sa nourriture ou de ses breuvages de Starbucks. C'est probablement un truc de Blancs.

-Tu es raciste, Jenny. Raciste!

-Toi-même raciste! Au nombre de fois que tu as passé des commentaires sur mes cheveux!

-C'est des blagues! Il est beau, ton afro.

Ariel observait les deux meilleurs amis de Nina. Voir ces deux étudiants qui se connaissaient depuis des années déconner ensemble lui fit réaliser qu'il s'ennuyait vraiment beaucoup d'Alisey, sa propre meilleure amie, qui était à Montréal. Ariel avait beaucoup de difficultés à tisser des liens d'amitié avec les gens. Lorsqu'il avait déménagé en Angleterre pour ses études, il n'avait pas réussi à s'en faire des nouveaux initialement. Ce n'était que lorsque Nina avait également entrepris ses études dans la même ville que lui, à Londres, qu'il avait rencontré des gens avec qui il entretenait des rapports amicaux puisqu'elle lui a présenté ses propres amis. Dut à des problèmes personnels et au fait qu'il ignorait initialement vers quel domaine se diriger, Ariel avait commencé ses études en architecture un peu tard, c'est pourquoi, malgré que sa sœur ait trois ans et demie de moins que lui, elle avait commencé ses études uniquement un an après.

Par contre, Ariel n'avait pas été complètement seul lors de sa première année d'université. Heureusement pour lui, Faëlle, son amie d'enfance, vivait en France depuis plusieurs années et il allait parfois passer la fin de semaine chez elle. Ariel se demandait d'ailleurs si les douaniers commençaient à le reconnaître tellement il traversait la frontière France-Angleterre souvent. Faëlle était d'ailleurs la soeur de Charles, l'ex-petit ami de Nina. Peut-être qu'il devrait lui passer un coup de fil; Ariel soupçonnait Charles d'en savoir un peu sur cette histoire. Après tout, Nina ne l'aurait pas laissé sans explication.

-Hey… Ariel!

Ariel se retourna vers Zack, qui lui passait énergiquement une main devant les yeux.

-Oui, Zack?

-Ah, enfin! On essaie d'attirer ton attention depuis tantôt mais tu étais plongé dans tes pensées!

-Oh, désolé! Je n'avais pas remarqué.

-On a fini de manger depuis un moment. Je voulais te dire au revoir avant de m'en aller.

Ariel regarda les assiettes de Jenny et Zack et il constata qu'en effet, ses amis avaient terminé leurs repas.

-D'accord. Dans ce cas, au revoir Zack! On se revoit probablement l'automne prochain!

-Il te reste un juste un an d'université, Ariel? Et comment ça, «probablement»?

-Oui, juste un an. Et oh…

Zack regarda Ariel fixement.

-Il y a un problème?

-Non, c'est juste que je viens de penser au fait que j'avais acheté deux billets pour Montréal. Un pour moi et un pour Nina… Écoutes Zack, je sais que Nina est une de tes meilleures amies et que tu crois vraiment qu'elle va revenir par elle-même, mais c'est aussi ma sœur. Je la connais; si elle est partie, il est très probable qu'elle ne remette jamais les pieds à Guildhall. Je ne vais pas revenir non plus tant et aussi longtemps que je ne l'aurai pas retrouvée.

La confiance calme dont Zachary avait fait part depuis le début de leur escapade semblait commencer à s'ébranler. Ariel songea qu'il avait peut-être même essayer de montrer une absence de tracas depuis le début pour ne pas accentuer l'état de panique de Jenny et Ariel. Il était un étudiant en théâtre, après tout.

-Ariel, tu ne vas pas disparaître sans laisser de traces toi non plus, j'espère!

-Non Zack, ne t'inquiète pas! Je vais t'appeler pour te tenir à jour lorsque je trouverai de nouveaux indices. Ça risque de te coûter cher en appels interurbains, par contre.

-Ce n'est pas grave. Tu peux toujours m'envoyer des courriels, c'est gratuit.

-C'est vrai, pourquoi est-ce que je n'y ai pas pensé…

-Au revoir et bonne chance, Ariel!

Zachary fit ses adieux à Ariel et celui-ci se retrouva seul avec Jenny.

Quelques secondes de silence s'écoulèrent avant que Jenny ne prenne la parole. Ariel s'entendait bien avec Jenny et Zack, mais il était plutôt rare qu'il passe du temps seul-à-seul avec l'un d'entre eux. En fait, la dernière fois qu'il s'était retrouvé seul avec Jenny, c'était lorsqu'Ariel lui avait proposé de rester amis lors de la courte période de temps où ils avaient essayé de sortir ensemble. C'était donc assez étrange pour lui de se retrouver à nouveau seul avec elle.

-Tu as mentionné que tu avais deux billets pour Montréal?

Ariel arrêta de regarder ses pieds pour lever les yeux vers Jenny.

-Oui. J'imagine qu'il ne sera pas utilisé. À moins…

Jenny sourit.

-C'est exactement ce que j'avais en tête. Ça te dérange de me le passer? Je peux te rembourser si tu veux, mais j'aimerais vraiment chercher Nina à Montréal, moi aussi.

********************

-Je ne vois pas pourquoi tu t'entêtes autant, Ariel.

Ariel et Jenny venaient tout juste d'arriver à Montréal, bagages en main. Jenny était en train de réprimander Ariel, qui avait insisté pour qu'elle ne paye pas son billet.

-Il était déjà acheté, de toute façon.

-On s'en fout! Tu m'as même trouvé un endroit où habiter pour l'été, je crois que tu peux te permettre d'accepter 900$!

-Jenny, tu n'as pas 900$ sur toi.

-Je te rembourserai plus tard, dans ce cas!

-Je te jure que c'est correct!

-Hmm… et ton ami, il nous attend dans sa voiture?

-Oui. C'est mon ancien colocataire. Je suis sûr que vous allez bien vous entendre. Il s'appelle Joel.

Les deux jeunes adultes se dirigèrent vers une vieille van vert pomme qui semblait sortir des années 70. Joel lui fit un signe de main lorsqu'il les virent arriver.

-Sup, Ariel. Tu nous ramène une petite-amie anglaise ou..?

Ariel se mordit la lèvre, un peu embêté.

-Bonjour Joel. C'est mon ex-petite amie, pour être plus précis, mais c'est mon amie maintenant. En fait, elle est venue ici pour chercher Nina avec moi. Nina, ma sœur, tu sais. Je crois que tu l'as déjà vue quelques fois. Sûrement plus que quelques fois, en fait, je crois qu'elle appréciait ta compagnie et qu'elle te voyait parfois lorsque je n'étais pas là...

-Ariel.

Jenny avait posé une main sur son bras pour le faire taire. Elle avait sans doute ressenti que son ami était légèrement mal à l'aise et qu'il s'apprêtait à débiter du non sens. Ariel lui jeta un regard reconnaissant.

-Je peux me présenter par moi-même. Je m'appelle Jenny Taylor. Je suis la meilleure amie de Nina. Nina a mystérieusement disparu après avoir abandonné ses études et nous sommes à sa recherche.

-Ah, je vois. Sacrée Nina, toujours pleine de surprises. Elle s'est trouvé une troupe d'artistes ambulants anonymes?

Ariel trouva cette hypothèse très plausible. Joel semblait encore mieux connaître sa sœur qu'il ne le croyait. Il avait peut-être l'air d'un individu las, mais Joel était plutôt bon observateur en ce qui concernait les gens de son entourage.

-C'est une possibilité, mais nous l'ignorons. Nous allons passer chez toi pour y laisser les trucs de Jenny. Elle compte rester à Montréal un moment pour chercher Nina.

-Cool.

-Je me disais aussi que ça ne te dérangerais pas.

-Toi, tu vas faire quoi? Chercher Nina à Montréal avec ton ex-girlfriend?

-Je vais voyager aux États-Unis.

-Woah, les States, carrément?

Ariel y avait longuement réfléchi et il avait eu de longues conversations avec Jenny à ce sujet dans l'avion. Les indices semblaient tous indiquer que Nina était partie à Hollywood mais tant de temps s'était écoulé (carrément trois mois!) qu'il était fort probable qu'elle se soit déplacée un peu durant ce laps de temps. Jenny, elle, voulait surtout questionner les amis Montréalais de Nina. Ils n'allaient donc pas voyager ensemble. C'était préférable de toute façon; contrairement à Ariel, Jenny comptait définitivement revenir à l'université à temps pour l'automne et on ne savait jamais ce qui pouvait arriver si elle décidait de s'embarquer dans un road trip à travers les États-Unis. Jenny habiterait avec Joel durant l'été (Ariel espérait qu'il ne présenterait pas Cinnamon à la jeune femme, qui ne méritait pas de passer les semaines suivantes avec cet idiot constamment collé après elle). Ariel était supposé demeurer chez ses parents avec sa sœur comme chaque été depuis qu'elle avait commencé ses études, mais il n'avait pas vraiment envie de s'installer là-bas sans sa sœur alors il s'était dit qu'il se contenterait du sofa de son ancien appartement. Ce serait temporaire de toute façon, puisqu'il comptait partir le plus tôt possible pour les États-Unis.

Une fois qu'ils eurent fini de transférer leurs bagages dans la van (Joel eut la gentillesse de bien vouloir les aider), Joel démarra la voiture et ils roulèrent à une vitesse de croisière en direction de son appartement du Plateau.

-Tu roules vraiment lentement, Joel.

-Il fait prendre le temps d'admirer the nature et tous ses attributs a little parfois, Ariel. T'es un artiste, je croyais que c'était your kind of thing.

-Joel, on est entourés de tours de bureaux.

-It's part of the nature, bro. Prends le temps de regarder les bureaucraties pousser sous tes yeux. Jenny doit aimer voir de nouveaux sights aussi. Laisse-la chiller.

Jenny réprima un petit gloussement avant de chuchoter à l'oreille d'Ariel.

-T'as raison, je crois que je vais bien m'entendre avec lui. Il est drôle. Je ne comprends pas tout ce qu'il dit, par contre..?

Ariel lui répondit en chuchotant à son tour.

-Oui, il parle une sorte de franglais. C'est quelque chose que les Acadiens font, parfois.

Du moins, c'est l'explication qu'il m'a donnée.

-Oh, je vois!

***********************
-Ariel, je crois que tu devrais questionner tes parents.

Ariel se retourna vers Jenny. Elle était en train de défaire ses valises lorsqu'elle avait soudainement pris la parole. Il avait espéré que le sujet ne soit pas abordé, mais il ne pouvait pas nier que la confrontation était inévitable.

-Tu as sans doute raison…

-Je peux y aller avec toi, si tu veux. Je leur ai parlé lorsqu'ils sont venus voir Nina performer sur scène l'an passé. Ils m'ont appréciée, je crois.

Ariel regarda Jenny avec une lueur d'espoir.

-Tu ferais ça? Wow merci! Tu ne peux pas savoir à quel point ça me soulage!

Jenny rigola.

-De rien. On y va demain?

Ariel regarda les mains de Jenny qui travaillaient rapidement, pliant des vêtements à la vitesse de l'éclair, et soupira. Il n'avait pas très hâte à cette réunion familiale, disons. Mais il n'avait pas le choix. Ses parents savaient peut-être des détails qu'il ignorait.

-D'accord. Demain.
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MessageSujet: Re: Finding Nina   Ven 12 Juil 2013 - 0:41


Ariel se tenait bêtement devant le cadre de la porte de la maison de son enfance sans rien faire. Jenny, qui se tenait juste à côté de lui, le toisait du regard d'un air curieux.

-Qu'est-ce que tu attends? Allez, ça ne peut pas être si pénible que ça.

-Jenny… ça fait presque un an que je ne leur ai pas parlé. Depuis l'été passé, en fait. Nous ne sommes pas en excellents termes en ce moment.

-Ah, je vois. C'est vrai que c'est assez embêtant, dans ce cas.

-En effet.

Ariel regarda le porte quelques secondes de plus avant de finalement décider d'y cogner trois coups francs. Il n'avait rien à perdre, après tout. Jenny lui jeta un regard compatissant et Ariel songea qu'il devait avoir l'air assez nerveux (ce qui était le cas).

-Toc toc toc.

Tout comme lorsqu'il était allé visiter Solena il y a deux jours, la réponse de la part de sa mère, qu'il savait présente (sa voiture était garée dans l'entrée) se fit attendre. Ariel trouva cela curieux. Sa mère ne perdait jamais de temps à ouvrir la porte aux gens, même lorsqu'elle préférait éviter de leur parler. Finalement, après avoir attendu quelque temps, la porte s'ouvrit.

Ariel s'attendait à beaucoup de choses, mais il n'aurait jamais pu prédire l'accueil que sa mère lui fit ce jour-là.

Celia était affublée d'un de ses habituels tailleurs d'avocate stricte, ses cheveux remontés en chignon presque impeccable. Quelqu'un qui ne connaissait pas parfaitement sa mère n'aurait rien remarqué d'inhabituel. Or, Ariel remarqua quelques plis dans son habit et une petite quantité de cheveux sortant de sa coiffure; Celia se montrait toujours d'une apparence irréprochable, même lorsqu'elle se contentait de sortir acheter un petit quelque chose au magasin. De plus, son regard était fuyant, ce qui alarma Ariel; sa mère regardait toujours les gens directement dans les yeux, avec l'air de la femme d'affaire intimidante qu'elle était.

-Maman..?

Sa mère resta plantée quelque secondes devant la porte avant de finalement lui adresser la parole. Elle semblait être en profonde réflexion.

-Ariel. Et Jenny aussi. Vous pouvez entrer.

Celia ouvrit la porte de façon à pouvoir laisser les deux étudiants passer. Ariel jeta un regard entendu à Jenny avant d'entrer dans sa maison d'enfance, son ex-petite amie sur les talons. Sa mère referma la porte derrière eux. Elle toisa fixement Ariel du regard, attendant qu'il prenne la parole.

-Maman… aurais-tu vu Nina récemment? Apparemment elle a lâché ses études avant de disparaître sans laisser de traces. Personne ne sait où elle est alors je me suis dit que peut-être toi, tu savais quelque chose.

Sa mère continua à le regarder sans flancher, probablement à la recherche de la meilleure formulation possible pour sa réponse. Ariel se mordit la lèvre. Sa mère avait le don de le rendre fébrile simplement en étant dans la même pièce que lui.

-Non. Par contre, il y a trois mois, son école a appelé pour me dire qu'elle avait abandonné ses cours.

-Ah… je vois. Je croyais qu'elle serait repassée à la maison. Puisqu'elle vivait encore ici, tu vois.

Ariel jeta un regard inquiet à Jenny. Si même sa mère ne savait pas où Nina était, alors là… Ariel ne savait plus vers qui se tourner. Il avait appelé Charles avant de prendre l'avion pour Montréal et ce dernier s'était montré tout aussi surpris que lui lorsqu'il avait appris la disparition de Nina, affirmant qu'il n'avait plus entendu parler d'elle après qu'elle l'ait laissé. Il ne se questionna même pas sur la raison pour laquelle l'école avait appelé malgré le fait que Nina était une adulte, donc responsable de ses actions; Celia leur avait probablement demandé de l'avertir de tous les faits et gestes de sa petite diva.

Ariel avait tout de même l'impression que sa mère lui cachait quelque chose. Elle était visiblement bouleversée, et si c'était à cause de Nina, forcément elle en savait un peu plus long que ce qu'elle laissait entendre. Celia sembla remarquer que son fils avait envie de rester un peu plus longtemps que prévu.

-Et bien elle n'est pas ici, comme tu peux le constater. (Celia accorda finalement de l'attention à Jenny, s'adressant à elle et à son fils). Voulez-vous quelque chose à boire? Du café, peut-être? Ou alors du thé?

À cet instant, Ariel fut reconnaissant pour la présence de Jenny; lorsqu'il y avait des invités à la maison, sa mère faisait toujours des efforts de politesse exemplaires. Si il avait été seul avec elle, Celia lui aurait probablement à peine adressé la parole. Il nota tout de même qu'elle avait rapidement changé de sujet de conversation, préférant éviter de mentionner la mystérieuse disparition de sa fille. Ariel fronça les sourcils, trouvant ce brusque changement de sujet louche. Il sentit à peine Jenny lui mette à nouveau une main sur le bras pour le calmer. Celle-ci s'adressa à Celia pour la première fois de la journée.

-Je crois que du café nous ferait le plus grand bien, madame Carter. Merci de l'invitation.

Jenny semblait également croire que Celia cachait des choses, puisqu'elle avait terminé sa phrase d'un ton légèrement sarcastique. Il était évident que la jeune fille n'allait pas se laisser berner par la mère de sa meilleure amie alors qu'elle s'inquiétait pour Nina.

Celia fit comme si elle n'avait pas remarqué le ton accusateur de l'étudiante et alla préparer du café dans la cuisine. Ariel et Jenny en profitèrent pour s'éclipser dans le salon pour pouvoir discuter seul à seul (bien qu'Ariel se doutait bien que sa mère écouterait leur conversation de toute façon).

-Ta mère cache des choses.

-C'est clair. Je crois que Nina est passée par ici. J'aimerais bien vérifier si elle a laissé quelque chose derrière elle.
Ariel jeta un regard de biais à Jenny avant de pointer de la tête en direction des escaliers menant à l'étage supérieur, où se trouvait la chambre de sa sœur. Jenny compris immédiatement où il voulait en venir et elle lui répondit en chuchotant, dans l'espoir que Celia n'entendrait pas.

-J'imagine qu'elle aurait pu, mais ta mère a probablement fait le ménage derrière elle, si tu vois ce que je veux dire. Si Nina est vraiment venue, ta mère a décidé de te mentir à ce sujet depuis le début alors elle a probablement effacé toute trace de son passage.

Mais pourquoi? Ariel avait conscience que Jenny avait raison, mais il ne comprenait pas les motivations de sa mère. Pourquoi ne pas lui dire si Nina était passée à la maison? C'est comme si soudainement, tout le monde autour de lui s'étais mis à mentir à profusion. Ou peut-être venait-il simplement de réaliser l'ampleur de secrets que sa famille lui cachait. Ariel avait toujours été frappé durant son adolescence lorsqu'il visitait l'un de ses amis; leurs parents agissaient différemment avec eux, ils semblaient plus reposés, moins sur leurs gardes constamment et définitivement moins intimidants…

-C'est vrai. Elle serait capable de faire quelque chose comme ça, il n'y a aucun doute. Mais pourquoi…

-Très bonne question.

Brusquement, Jenny se leva de sa chaise pour aller dans la cuisine, où Celia était encore en train de préparer leur café. Inquiet de ce que l'étudiante en art dramatique pouvait bien avoir derrière la tête, Ariel la suivit avec empressement. La colère de Jenny se faisait ressentir dans chacun de ses pas, qui raisonnaient plus fort que nécessaire dans le couloir menant à la cuisine; elle n'entendait pas se laisser berner par une cinquantenaire arrogante, tant pis si elle n'était qu'une invitée ici.

L'Anglaise ouvrit la porte avec hargne. Celia ne broncha presque pas; sa main se contenta d'émettre un léger soubresaut alors qu'elle versait du café dans la première tasse qu'elle avait sortie. Elle ne releva même pas la tête avant que Jenny ne lui adresse la parole.

-Madame Carter, on sait que vous mentez. Nina est venue ici.

Celia termina de verser son café dans les trois tasses qu'elle avait sorties avant de se retourner vers la jeune femme. Ariel nota avec intérêt la présence d'une quatrième tasse, qu'elle laissa vide. Sa mère haussa un sourcil à la sortie de Jenny et poussa un petit soupir.

-Jenny… excusez-moi, mais j'ai bien peur que cette histoire ne vous regarde pas.

-Je suis sa meilleure amie, je crois que ça me regarde. Dites-moi ce qu'elle est venue faire ici.

Ariel alterna les regards qu'il lançait à sa mère et à Jenny, se demandant s'il était mieux d'attendre une réponse de sa mère (qui ne viendrait peut-être jamais) ou s'il devrait intervenir. Celle-ci pausa leurs tasses de café sur la table et se mis à boire la sienne, les doigts crispés sur le récipient rempli de boisson chaude. Ariel nota qu'elle jetait des coups d'œil furtifs à travers la fenêtre. Jenny décida de s'asseoir en face de sa mère et s'essaya à la technique du regard insistant (c'est-à-dire qu'elle se mit à fixer Celia en espérant que celle-ci flanche et se mette à tout lui déballer). L'attention d'Ariel se porta de nouveau vers la quatrième tasse, toujours vide, qui reposait encore sur le comptoir. Il fronça des sourcils avant de s'emparer de celle-ci.

-Dit-moi, maman… elle est pour qui, la quatrième tasse? Papa? Nina?

Celia déposa fermement sa tasse de café (qu'elle avait déjà presque terminée, jamais Ariel n'avait vu sa mère boire du café aussi rapidement auparavant) sur la table avant de regarder son fils dans les yeux, un air froid sur le visage.

-Non. J'ai un invité qui arrive bientôt. J'aimerais bien pouvoir lui parler seule à seul tout à l'heure, d'ailleurs. Alors ça serait bien que Jenny et toi ne traîniez pas trop longtemps ici.

Le sourcil droit d'Ariel tiqua légèrement au ton condescendant de sa mère et à son faux air de politesse enseveli sous une crasse d'hypocrisie. Il détestait quand sa mère lui parlait comme ça, il se sentait tout le temps idiot et inutile. La réponse de sa mère réussi tout de même à lui en inspirer une autre.

-Et papa il est où, lui? N'est-on pas dimanche? Papa ne travaille pas les dimanches.

Celia se leva pour se resservir une deuxième tasse de café, se détachant ainsi du contact visuel qu'elle avait auparavant avec son fils. Ce faisant, elle continua de regarder dehors, comme si elle attendait quelque chose. Ariel songea au fait que bien qu'elle était apparemment encore en plein contrôle d'elle-même, jamais il n'avait vu sa mère aussi paniquée qu'elle l'était à l'instant présent. En attendant d'avoir une réponse de sa mère, Ariel croisa le regard de Jenny; celle-ci faisait une expression ressemblant à celle que ferait un prophète qui venait d'avoir une vision de la seconde réincarnation de Jésus. Ariel lui lança un regard interrogateur, mais Jenny se contenta de lui mimer de ne pas faire de bruit.

-Ton père est en voyage d'affaires en Suisse. Il va revenir dans quelque temps.

-Je vois.

Ariel remarqua Jenny s'éclipser sans bruit en dehors de la pièce. Fidèle aux consignes qu'elle lui avait dictées plus tôt, il ne fit aucun commentaire sur son départ. Jenny prit la direction des escaliers et Ariel comprit finalement ce qu'elle avait en tête. Il serait probablement préférable que Celia ne remarque pas que Jenny était partie fouiller sa demeure, aussi Ariel tenta-t-il de gagner du temps en relançant la conversation.

-C'est presque l'été, c'est un mauvais moment pour partir en voyage d'affaire. Papa n'est-il pas assez haut placé dans sa compagnie pour se prendre un meilleur horaire de voyage? Il est un des grands patrons, non?
Au grand soulagement d'Ariel, Celia continua de siroter son café en regardant par la fenêtre. Elle lui répondit d'un ton neutre.

-Justement, ton père aime voyager alors pourquoi pas le faire quand il fait beau? Tu sais qu'il ne fait pas ça pour t'éviter.
C'était bien sa mère ça. Éviter de parler d'un problème en en évoquant un autre. Ariel était bien déterminé à ne pas laisser sa mère dévier ainsi leur discussion.

-Je n'ai jamais dit que je croyais qu'il m'évitait, maman. Je trouve juste ça étrange qu'il soit parti à ce moment-ci de l'année. Et en Suisse, en plus. N'est-ce pas l'endroit où il va habituellement lorsqu'il a des problèmes avec la justice?

Voilà un sujet de conversation qui devrait occuper sa mère pour un moment. Richard avait un long parcours de démêlés avec la justice, majoritairement des histoires de fraude, dont il se sortait presque tout le temps indemne grâce à sa réputation et à son charme. Disons qu'avoir une femme avocate l'aidait beaucoup également. Ariel avait toujours su que son père avait un passé louche, mais il avait bêtement espéré que ce dernier aurait éventuellement passé par-dessus ça pour devenir un homme intègre et honnête. C'était Richard qui lui avait expliqué l'importance de toujours vivre selon ses principes lorsqu'il était jeune et Ariel n'avait jamais compris pourquoi il ne suivait pas lui-même son propre code de vie. Il en était venu à la conclusion que son père avait probablement appris de ses propres erreurs pour réaliser qu'il aurait été préférable pour lui de vivre ainsi, même si ce n'était pas le chemin qu'il avait emprunté. Or, on ne savait jamais avec Richard; son père était plutôt discret sur sa vie personnelle, préférant parler de son travail lorsqu'il devait faire la conversation.

-En effet, c'est l'endroit où il va souvent lorsqu'il a des problèmes avec la justice. Si toi et ton amie pouviez vous dépêcher à terminer vos cafés, maintenant…

Ariel écouta le restant du discours de sa mère d'une oreille discrète. Jenny venait de revenir dans la cuisine. Elle affichait un air triomphant, quoique empreint d'une certaine inquiétude. Elle pointa subtilement sa poche de jeans du doigt, indiquant qu'elle y avait glissé quelque chose qu'elle avait trouvé en fouillant dans la maison. Ariel lui fit un léger sourire reconnaissant. Elle était arrivée juste à temps, puisque Celia avait maintenant cessé de regarder par la fenêtre. Ariel se dit que peu importe ce que Jenny avait trouvé, elle semblait assez satisfaite pour qu'ils puissent s'en aller, maintenant.

-C'est bon, on va s'en aller, maintenant. J'imagine que ton invité va bientôt arriver. À la prochaine, maman.

Celia énonça un vague «au revoir» à Ariel et Jenny et ceux-ci sortirent de la demeure.

*******************************

-J'ai trouvé quelque chose.

-Oui, j'ai cru comprendre. Qu'est-ce que c'est?
Ariel s'installa dans le siège du conducteur de sa voiture, interrogeant Jenny du regard.

-Nina a laissé un mot sur une feuille lignée dans son coffre à chaussures. Ce coffre était barré avec un code secret que personne ne connaissait sauf nous deux. J'ai réalisé tout à l'heure, en buvant ma tasse de café, que Celia n'aurait probablement pas pu lui confisquer si elle ne pouvait pas ouvrir le coffre. D'ailleurs, je ne crois pas qu'elle ait songé à regarder là.

Un coffre dont seules Nina et Jenny connaissaient le code? C'était stupide, mais Ariel se sentait un peu blessé que Nina ne lui ait jamais parlé de ça, à lui. Quoique il est vrai qu'il n'avait aucun intérêt à savoir le code d'un coffre dont le contenu était habituellement exclusivement des souliers féminins de pointure beaucoup trop petite pour lui. Nina avait probablement donné le code à Jenny un jour parce qu'elles s'étaient échangé des souliers au cours des vacances, étant de la même pointure.
Cela signifiait que…

-Foutue Nina. Elle a vraiment pensé à tout…

-C'est vrai. Après tout, pour que son plan fonctionne, il fallait que je sois présente pour ouvrir le coffre puisque j'étais la seule à connaître le code à l'exception d'elle-même. Elle prenait pour acquis que tu me donnerais ton billet d'avion…

-…et que je te demanderais de m'accompagner chez ma mère.

Les deux étudiants se regardèrent avant d'éclater de rire.

-Dis donc, ta sœur te connais super bien!

-Haha. Écoutes. Sinon, qu'est-ce qui était écrit sur la feuille?
Le sourire de Jenny se dissipa peu-à-peu et l'étudiante repris un air sérieux.

-Je crois qu'il serait mieux que je t'explique tout ça une fois qu'on sera revenus à l'appartement de Joel. Il y a certains détails de sa lettre que tu n'aimeras pas beaucoup…
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Ariel

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MessageSujet: Re: Finding Nina   Mer 24 Juil 2013 - 20:30

Ariel,

Si tu lis ce message, tu es probablement à ma recherche en ce moment. Je sais que tu préfères qu'on mette nos intentions claires dès le départ alors c'est ce que je vais faire;

Ne t'en donnes pas la peine.

Je sais ce que tu penses. Je suis partie sur un coup de tête sans savoir ce qui m'attendait, n'est-ce pas? Et bien, c'est faux. Je me suis installée en Californie avec quelqu'un et j'ai des contacts dans une agence de films aux États-Unis. Quelqu'un proche de moi m'avait parlé de cette entreprise, j'ai envoyé mon CV et ils m'ont retenue. J'y pensais depuis un moment alors non, je ne suis pas partie sur un coup de tête. Tu peux dormir tranquille! ;)N'abandonne pas tes études pour me chercher, je vais t'appeler éventuellement d'accord?

Désolée de ne pas avoir repris contact avec toi. Mon numéro de téléphone ne fonctionne plus puisque j'ai dut changer de forfait en changeant de pays. De plus, je savais que tu partirais à ma recherche si tu savais que je n'étais plus à Londres alors j'ai préféré ne pas te parler de mes projets pour ne pas empiéter sur tes études.

En plus tu ne m'aurais jamais laissée partir aux États-Unis comme ça. Tu peux être pas mal contrôlant avec moi parfois, no offense Ari.

Ta sœur Nina. <3


Ariel regardait la lettre de sa sœur d'un air abasourdi. Quelque chose clochait. Il n'arrivait pas à mettre le doigt sur quoi exactement, mais il sentait que d'autres mensonges étaient glissés dans cette lettre. Ou du moins, qu'une part de la vérité avait été omise. Pourquoi Nina se contentait-elle de lui dire vaguement où elle était, avec qui et pourquoi? Elle ne mentionnait pas le nom de son entreprise, ni de son 'ami' avec qui elle habitait, et le truc de 'contacts' était franchement louche. Et le ton employé dans cette lettre… bien sûr, c'était un sujet sérieux, mais jamais Nina ne l'avait traité de «contrôlant» auparavant. Sa mère, oui, mais pas lui. Ariel ne croyait pas mériter un tel qualificatif; en fait, il avait l'impression que sa sœur avait uniquement tenté de le forcer à retourner au Royaume-Uni en utilisant ce mot pour le blesser, entre autres.

-Elle insiste beaucoup sur tes études, tu ne trouves pas?

Jenny, qui relisait la lettre de Nina par-dessus son épaule, avait énoncé ces mots en plissant les yeux.

-Oui, c'est ce que j'étais en train de me dire. Elle n'a vraiment pas l'air de vouloir que je la cherche, tant qu'à faire elle aurait dut écrire «LEAVE ME ALONE!» en police 72 sur une feuille blanche, ça aurait eu le même effet. Avec des petits brillants pour ajouter du dramatisme, bien sûr. Je verrais bien Nina faire quelque chose du genre en tout cas.

-Des brillants? Belle analogie Ariel. En effet, ça aurait son genre de faire ça. Je m'attendais presque à ce qu'il y ait aussi un petit mot pour moi en bas de la page en «PS», puisque pour que son plan fonctionne, il fallait bien que j'ouvre son coffre à souliers. Je trouve ça étrange qu'elle n'y ait pas pensé.

Ariel pensa à ce que son amie venait de dire un moment, songeur.

-Tu as raison, il est étrange qu'elle n'ait pas écrit un petit mot pour toi… tu es sa meilleure amie, après tout. Quelque chose cloche avec cette histoire de lettre. Je dois définitivement découvrir ce qui est arrivé à ma sœur le plus tôt possible.

-En effet. Moi, je me met à chercher Nina avec Joel à travers Montréal dès demain. Mais si tu veux partir à la recherche de Nina dès maintenant, je suis totalement d'accord avec ça. On n'a pas de temps à perdre, qui sait ce qui s'est passé en l'espace de trois mois…

L'étudiante en arts dramatiques n'avait donc toujours pas l'intention de laisser tomber ses études. Ariel pouvait comprendre, Guildhall prenait très peu d'élèves et le processus de sélection était très rigoureux. Il n'en voulait pas à Jenny.

Nina était tout de même absente depuis longtemps, si il pouvait se fier aux témoignages des gens à qui il s'était adressé. Trois mois… et dire que ça avait pris tant de temps à Ariel avant de se rendre compte de la disparition de sa sœur. C'était si digne de se faire traiter de «contrôlant»… Elle l'avait tout de même appelé régulièrement par le passé, ça expliquait peut-être pourquoi il n'avait rien remarqué d'anormal.

Appelé… oh mon Dieu.

-Jenny! J'ai trouvé ce qui clochait!

Son amie, qui venait de s'installer dans la chaise berçante du salon avec un livre pour se reposer un peu, releva la tête vers Ariel.

-Dit toujours?

-Nina nous a contactés à quelques reprises, non? Elle n'a pas dit où elle était lorsqu'elle nous a parlé, mais elle l'a fait quand même!

Jenny regardait maintenant Ariel d'un air interrogateur, ne voyant pas tout à fait où le blond voulait en venir.

-En effet. Et..?

-Dans sa lettre, Nina a écrit «Désolée de ne pas avoir repris contact avec toi»! Mais c'est faux, elle nous a parlé! Elle aurait du écrire «Désolée de t'avoir menti au téléphone», non?

Jenny se passa une main sur le front.

-C'est vrai… oh mon Dieu, j'ai un très mauvais pressentiment tout d'un coup…

-Je pars tout de suite. Je n'avais pas défait ma valise après avoir pris l'avion alors j'ai déjà mes trucs de prêts. Il va juste falloir que je passe à la banque retirer un peu d'argent, mais je vais le faire aux États-Unis. La monnaie Canadienne ne me sera pas très utile là-bas, tu comprends.

Ariel empoigna sa valise et se dirigea précipitamment vers sa voiture. Jenny le suivit. Il rangeait ses affaires sur la banquette arrière lorsque Jenny relança la conversation.

-Je vais faire de mon mieux pour chercher des indices à Montréal. On gardera contact par téléphone.

-Bien sûr. Tu diras au revoir à Joel de ma part.

Les deux étudiants restèrent un moment immobiles l'un devant l'autre avant qu'Ariel ne décide que donner un câlin à Jenny en guise d'au revoir lui procurerait un trop grand malaise. Il se contenta donc de lui donner une petite tape sur l'épaule en guise d'encouragement. Jenny haussa un sourcil.

-Je ne sais pas si je devrais rire de ton manque de culture en ce qui se rapporte aux relations interpersonnelles ou en pleurer.

-Je trouve que faire un commentaire sarcastique dessus est une bonne façon d'y réagir.

Jenny éclata de rire et ferma la portière derrière Ariel, qui s'était installé dans le siège du conducteur.

-Ouais, c'est ça. En tout cas, bonne chance pour retrouver ma bestie! Ça se peut que je repasse chez ta mère.

-Bonne idée, elle était pas mal nerveuse. À la prochaine!

**********************************

Partir tout seul à la recherche de sa sœur n'était définitivement pas aussi amusant qu'Ariel l'aurait souhaité, et ses attentes étaient déjà pratiquement inexistantes à la base. Il s'était arrêté à un guichet au Maine pour retirer de l'argent avant de poursuivre sa route à travers l'État de New-York. Il était presque huit heures maintenant et Ariel réalisa, en entendant les grondements de son estomac, qu'il aurait probablement du manger quelque chose pour souper il y a de cela au moins une heure. Il était plutôt nerveux, son regard passant rapidement de la route à son GPS. Il voulait parcourir la plus grande distance possible avant de s'arrêter, mais il sentait bien qu'il allait devoir trouver une meilleure stratégie de conduite s'il ne voulait pas péter les plombs ou causer un accident sur la route. La dernière chose dont il voudrait, ça serait de devoir se faire rapatrier au Canada après avoir bêtement perdu la vie aux États-Unis.

Comme c'était presque arrivé un peu plus tôt dans l'après-midi.
C'est qu'Ariel venait de passer presque deux ans complets de sa vie en Angleterre. Il était donc habitué à rouler du côté gauche de la rue. Cela avait fait en sorte qu'instinctivement, il avait tourné dans la mauvaise direction à une intersection et il avait presque percuté une autre voiture qui arrivait en sens inverse. Heureusement, il n'y avait eu aucun blessé. Cette fausse manœuvre avait par contre eu comme effet de rendre Ariel encore plus sur ses gardes, le faisant regarder dans toutes les directions avant de tourner quelque part.

Ariel était maintenant arrivé dans une partie plus habitée de New-York, ce qui était un peu moins ennuyant qu'un long chemin en ligne droite avec le même paysage qui se répétait pour quatre heures d'affilées. Des rues passantes illuminées de lampadaires se dressaient autour de lui. À une centaine de mètres d'Ariel, une voiture avec une plaque d'immatriculation du Canada s'arrêta soudainement sur le bord de la route avant de repartir presque aussitôt. Le blond fronça les sourcils; il n'y avait pas de panneau arrêt en vue, alors pourquoi la voiture s'était-elle arrêtée?

Ariel continua à rouler dans sa Saturn Aura et remarqua une silhouette au loin, qui semblait marcher dans la même direction que celle où il allait. La silhouette était celle d'un jeune homme blond à l'apparence un peu négligée, qui avait en sa possession ce qui semblait être un sac de voyage. Ariel ne voyait pas encore très bien son expression, mais la façon dont il marchait semblait exprimer de la lassitude, comme s'il marchait depuis très longtemps et en avait abandonné son but. Il se demanda vaguement s'il était un sans-abris, mais cela semblait peu probable; Ariel n'était pas encore arrivé dans la grande ville de New-York. Pourquoi un sans-abris perdrait son temps dans un coin perdu?

Curieux, Ariel s'approcha pour voir l'inconnu de plus près.
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Bones
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MessageSujet: Re: Finding Nina   Lun 29 Juil 2013 - 22:12

-If you're havin' trouble with the high school head, he's givin' you the blues…

Bones jeta un coup d’œil derrière lui et tendit le bras, pouce levé, en direction de la voiture qui passait en coup de vent à ses côtés. Le jeune homme baissa le bras et monta le volume de son petit walkman. La musique d’AC/DC envahit sa tête et il fixa son regard vers l’horizon orangé, continuant inlassablement sa longue marche.

-You wanna graduate but not in his bed, here’s what you gotta do: pick up the phone, I’m always home, call me anytime. Just ring 3, 6, 2, 4, 3, 6, hey! I lead a life of crime!

Hochant la tête au rythme de la musique, Bones laissa ses pensées vagabonder, les mains dans les poches. Il en avait marre de marcher sur cette longue route ennuyante et son walkman était le seul moyen de rester éveillé et de continuer à avancer. Il s’était arrêté quelques minutes plus tôt pour acheter une bouteille d’eau, mais Bones n’avait pas voulu perdre plus de temps. Il aurait souhaité atteindre Manhattan avant la fin de la journée, mais il réalisait bien que c’était un objectif impossible à réaliser.

Bones avait quitté le Canada cinq jours plus tôt. Direction : la Californie. Il avait tout prévu depuis déjà plusieurs mois, mais il n’avait pas partagé ses plans avec quiconque. Le jeune homme ne possédait pas beaucoup d’attache à Montréal, mais les quelques personnes qu’il connaissait auraient très bien pu le forcer à rester, notamment Kelly, sa sympathique voisine.

Elle était probablement la seule qui allait véritablement lui manquer et il espérait sincèrement que la jeune femme s’en tirerait bien sans lui. Après avoir vendu sa boutique et tout ce que contenait son appartement, Bones avait accumulé plus d’argent qu’il n’aurait pu l’espérer. Sans trop savoir pourquoi, il avait mis le quart de ce montant dans une petite enveloppe qu’il avait glissée sous la porte de Kelly, quelques secondes avant de disparaître. Dans cette enveloppe se trouvait une courte lettre visant à rassurer Kelly. La tentative était vaine, bien sûr, mais il avait cru nécessaire de formuler un adieu par écrit à sa meilleure amie.

Besoin de retourner aux sources. Sais pas combien de temps je serai parti. Un peu d’argent pour te dépanner si jamais tu as des problèmes. Fais attention à toi. Tu en vaux la peine.
Bones –x–


C’était bref, un peu maladroit, mais depuis quand ne l’était-il pas? Il souhaitait seulement que Kelly ne fasse pas de bêtises en son absence. Et puis, il ne pensait pas être à l’étranger si longtemps que ça. Ça ne pouvait pas être si compliqué, de retrouver sa maison d’enfance et le cimetière où se trouvait ses parents. Bon, il fallait trouver les noms et l’orphelinat, mais une fois à destination, les choses avanceraient plus rapidement.

-You got problems in your life of love, you got a broken heart. He’s double dealin’ with your best friend, that’s when the teardrops start…

Les premiers jours de son périple s’étaient plutôt bien déroulés. Il avait d’abord pris le train jusqu’au bout de la ligne, s’arrêtant au terminus de Vaudreuil, une petite ville assez banale. Il avait déambulé dans les rues en cherchant des points de repère, mais il avait fini par demander son chemin à un petit groupe d’amis qui le pointait en parlant avec excitation depuis qu’ils l’avaient remarqué. Quelques heures de marche plus tard, il avait finalement réussi à embarquer à bord d’un véhicule en direction de Gatineau, mais le trajet avait été court et Bones avait été forcé de continuer à pied, avant de clore sa première journée d’expédition à huit heures, dans un petit motel isolé.

La deuxième journée avait été à peu près similaire et Bones réussit même à atteindre Gatineau vers la fin de la soirée. Le lendemain, il rencontra un certain Benjamin Aaron, garçon plutôt sympathique, mais un peu snob. Le garçon semblait tout juste avoir atteint sa majorité et n’était pas du tout à l’aise à l’idée de traverser la frontière seul. Benjamin avait promis d’amener Bones à Manhattan, ayant lui-même besoin d’aller près de la ville de New York. Ils avaient discuté tout le long du trajet et s’étaient soudainement arrêtés à Columbia dans les environs de sept heures. Benjamin abandonna Bones au milieu de nulle part, n’ayant désormais plus l’intention d’aller porter le jeune homme où que ce soit. Découragé, Bones avait décidé de s’arrêter pour la journée afin de planifier une nouvelle route.

Après avoir estimé être à deux jours de marche de Manhattan, Bones s’était remis en route dans l’espoir de rencontrer d’autres âmes charitables pour le rapprocher de son but. La chance n’avait pas été de son côté et le jeune homme avait dû marcher durant treize heures complètes. Désorienté et perdu, il n’avait croisé qu’un motel à onze heures et demie du soir, à deux doigts de la déshydratation. Les bras et le cou brûlés par le soleil, il s’était écroulé au comptoir de l’accueil où une gentille employée lui avait offert un verre d’eau et une lotion après-soleil.

Épuisé moralement et physiquement, Bones avait décidé de passer la journée à ce motel pour reprendre des forces. Ses coups de soleil étaient trop douloureux et ses jambes étaient trop faibles pour marcher. Il avait surestimé son endurance et il en payait désormais le coût. Cette journée de congé improvisée lui avait le plus grand bien et lui avait permis de réfléchir à propos de sa quête.

Il savait bien que cette recherche d’identité était probablement la quête la plus clichée au monde, mais en assistant au désastre qu’était le Bones Shop, le jeune homme avait besoin de retrouver sa famille, d’en apprendre plus sur ce que ses parents avaient été. Il ne pouvait s’empêcher de penser que la vie aurait été drôlement plus facile avec eux. Il aurait pu être un enfant heureux, un adolescent épanoui. Personne ne l’aurait affublé de ce stupide surnom qui englobait désormais sa totale identité. Bones. Ce paquet d’os qui errait constamment sans but. Et bien maintenant, il en avait un, et il n’allait pas le lâcher de sitôt.

Bones avait quelques vagues souvenirs de son enfance. La plupart étaient reliés à l’orphelinat, bien sûr, mais parfois, quelques moments complètement anodins refaisaient surface. La voix de sa mère chantonnant un air joyeux, un après-midi ensoleillé à la plage, son père complètement enseveli de sable… Le souvenir flou d’une maison en campagne, de vieilles personnes aux sourires étincelants. Bones n’était même pas certain de l’authenticité de ces souvenirs, mais à chaque fois qu’ils lui venaient en tête, un sourire nostalgique lui montait aux lèvres et il ne pouvait s’empêcher de soupirer avec envie. Bon dieu, faites que ces moments aient existé.

-Dirty deeds… Done, dirt, clean…

Marmonnant à mi-voix les paroles de la chanson, Bones fut brutalement frappé par un mur de silence. Sans comprendre, Bones appuya sur le bouton « play », monta le volume, vérifia que ses écouteurs étaient bien branchés…

-Et merde, plus de batteries, soupira-t-il. Évidemment plus de batteries, j’ai fucking marché mille ans. Fucking Benjamin…

Énervé, il retira son casque d’écoute et le rangea dans son sac de voyage avec son walkman. Une bouteille d’eau, un paquet de gomme à la cannelle, de la lotion après-soleil, des mouchoirs, quelques billets de 10$ et 20$, ses cartes, son passeport… Il n’avait pas vendu sa collection de CD (bon sang, non, il l’avait seulement prêté à Josh en espérant que son frère en prenne soin), et il était plutôt déçu d’avoir une sélection limitée de musique. Trois CD remixés, c’était tout ce qu’il avait pu apporter. Et Bones ne pouvait même pas les écouter. Mais il pouvait toujours chanter.

-Shot through the heart! And you’re to blame, oh, you give love a bad name!

Chantant également la partie instrumentale, Bones tenta d’oublier le fait que son walkman venait de lui mourir entre les mains et se concentra sur l’état positif des choses : une voiture pouvait rouler à tout moment sur lui et le tirer de son agonie. D’ailleurs, le jeune homme entendit le moteur d’une voiture ronronner loin derrière lui. Par automatisme, il leva le bras, puis jeta un coup d’œil derrière lui. La voiture était extrêmement luxueuse et Bones baissa aussitôt le bras en l’apercevant.

-Ha, il va jamais me laisser embarquer.

À sa grande surprise, le conducteur ralentit à côté de lui et baissa la fenêtre. Il se pencha pour observer Bones.

-Je vais à Manhattan, lui indiqua ce dernier.
-Mmh, moi aussi… Not hot enough, sorry.

L’inconnu remonta la fenêtre en adressant un sourire amusé à Bones avant d’enfiler ses lunettes soleil, dégageant ses cheveux bruns de sa vision alors qu’il accélérait. Bones secoua lentement la tête.

-C’est ça, juge-moi tabarnak! Juge le pouilleux qui plume pis reste dans ta p’tite voiture de riche! Tabarnak de cave… marmonna Bones. En plus, t’es Canadien! réalisa-t-il en voyant la plaque. Fuck you man, fuck you! Qui met des lunettes de soleil à huit heures, sérieusement…

Rangeant ses mains dans ses poches, Bones continua à marcher, priant pour qu’un motel fasse bientôt apparition. Il n’avait plus qu’une envie : s’écraser dans un lit et dormir jusqu’à dix heures. Et tant pis pour les autres voitures qui passeraient, il allait poursuivre son chemin seul.

Les yeux rivés sur le gravier, Bones soupira avec ennui. Il entendit un autre véhicule derrière lui. Un véhicule qui s’arrêta à ses côtés. Bones se tourna vers le conducteur, un air bête au visage. Son expression s’adoucit en apercevant le jeune homme blond au volant.

Les traits de son visage étaient assez marqués et ses sourcils relevés trahissaient la curiosité que le jeune inconnu semblait éprouvé à l’égard de Bones. La voiture était impeccable, tout comme son conducteur, qui était habillé avec des vêtements que Bones n’aurait jamais osé essayer dans un magasin. Pourquoi ce gars s’arrêtait-il à côté de lui?

-Je fais pas de pouce, lui dit-il en se penchant un peu pour mieux le voir. Merci quand même…
-Oh! Je pensais que… Désolé, je ne voulais pas vous déranger, finit par dire l’inconnu, perplexe.
-Pas de problème.

Bones poursuivit sa route avec lenteur. Il a l’air gentil, songea-t-il. Plus que l’autre bitch en tout cas. La Saturn Aura rattrapa doucement Bones, s’arrêtant à nouveau à ses côtés.

-Est-ce que je peux vous déposer quelque part? insista le jeune homme. Je vais en Californie, j’ai tout mon temps devant moi si vous devez arrêter à New York ou au New Jersey…

Bones figea en entendant ces paroles. Il se tourna vers le conducteur et fit quelques pas vers lui.

-Vous allez en Californie? répéta-t-il, abasourdi.
-Oui, je cherche… Enfin, oui.
-Wow, moi aussi, marmonna Bones, surpris. À Oakland?
-Non, Hollywood.
-Oh, d’accord.

Bones réfléchit à toute vitesse. À partir d’Hollywood, il pouvait facilement prendre un bus pour aller à Oakland et le tour serait joué. D’un autre côté, il ne pouvait pas demander à cet inconnu de le conduire directement en Californie. Premièrement, ils ne se connaissaient pas ; deuxièmement, Bones n’avait pas envie de passer plusieurs journées complètes en compagnie d’un être humain ; et finalement, il allait éventuellement manquer d’argent s’il contribuait à payer l’essence et il allait devoir s’arrêter dans un État quelconque pour gagner quelques billets.

-Si tu pouvais me déposer à New York, ça serait déjà très bien, lui assura Bones.
-Vraiment? s’étonna l’autre homme. Je peux te conduire en Californie, ça ne me dérange pas. La route serait moins longue et ennuyante avec un co-pilote, dit-il avec un petit sourire.
-Euh, ben…
-C’est qu’une offre, s’empressa de le rassurer l’inconnu. Si tu veux rester à New York, c’est comme tu veux. Je vais pas te forcer à rester, tenta-t-il de blaguer.

L’idée qu’il s’apprêtait à entrer dans la voiture d’un serial killer effleura l’esprit à Bones pendant un instant, mais il la balaya aussitôt de ses pensées. Pour une fois que quelqu’un s’arrêtait spontanément à côté de lui, il n’allait pas refuser cette aide.

-Je… m’assois en arrière ou en avant? demanda-t-il maladroitement.
-Oh, en arrière c’est en désordre, balbutia l’homme.

Bones jeta un regard à la banquette et vit un petit sac.

-Ah…

Ouvrant la portière, il s’installa sur le siège passager et déposa son sac sur ses genoux, faisant bien attention à ne rien salir. Putain de voiture de riche… L’homme remonta la fenêtre et activa son clignotant pour réintégrer la route principale.

-Tu viens d’ici? demanda-t-il en jetant un coup d’œil dans son rétroviseur.
-Non, je viens de Montréal.
-Ah, moi aussi. Je reviens d’Angleterre en fait, alors j’ai un petit accent, mais il ne faut pas se méprendre : je vis bel et bien à Montréal.

Bones esquissa un faible sourire amusé.

-Tant mieux.
-Je m’appelle Ariel, se présenta le conducteur.
-On m’appelle Bones.
-Enchanté… Bones. Je te serrerais bien la main, mais je préfère garder les miennes sur le volant. Conduire à gauche s’est révélé plus difficile que prévu, admit Ariel, concentré.
-Ah.

Ariel lui adressa un regard de biais.

-Dis-le-moi si je parle trop, j’ai tendance à déballer ma vie lorsqu’il y a un silence inconfortable, l’avertit le blond.

Bones hocha la tête sans rien dire. Ariel s’agita sur son siège.

-Tu aimes la musique? On pourrait allumer la radio, suggéra-t-il en montant le volume.
-J’adore la musique.
-Ah oui? Joues-tu d’un instrument? s’intéressa Ariel.
-Oui. Plusieurs.

Ariel attendit patiemment la suite. Qui ne vint pas.

-J’aime bien la musique aussi, enchaîna alors Ariel. Quand j’étais petit, j’ai dû prendre des cours de chant. Ma mère était chanteuse, j’imagine qu’elle voulait que je suive un peu ses traces. J’aimais bien ça, mais j’ai arrêté les cours. Je chante encore dans mes temps libres.
-Cool.

Ariel poussa un soupir, gêné.

-C’est ce que je voulais dire tout à l’heure, en parlant de ma tendance à raconter ma vie à des inconnus, dit-il.
-Je vois.
-Oui, c’est pour cela que tu as des yeux.

Bones tourna la tête vers Ariel. Un rire amusé franchit ses lèvres et il se détendit légèrement, jetant un regard au paysage qui filait à toute vitesse à l’extérieur. Ariel monta doucement le volume de la radio, de la musique jazz résonnant avec modération dans les haut-parleurs.

Bones croisa les bras et jeta un bref regard à Ariel, analysant distraitement sa nouvelle connaissance. Il n’était définitivement pas un serial killer, pas de quoi s’inquiéter de ce côté-là. Oui, il parlait pas mal, mais Bones avait toujours été une oreille très attentive et la voix d’Ariel n’était pas des plus déplaisantes à écouter. C’était encore un peu tôt pour en être certain, mais le trajet jusqu’en Californie avec ce gars ne devait pas être si pénible.
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